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Entre ironie et avertissements, la CIA débarque sur les réseaux sociaux

11 Juin

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Il ne manquait plus qu’elle pour compléter le tableau ! Le Pentagone y maintient une présence depuis plusieurs années déjà, tout comme la Maison-Blanche et les autres institutions gouvernementales américaines. De l’autre côté du spectre, on y retrouve des groupes comme el-Qaëda et affiliés, dont les shebab somaliens et le Front al-Nosra en Syrie, etc.
Vendredi dernier, la très puissante agence américaine de renseignements CIA a annoncé avoir rejoint les réseaux sociaux de Twitter et Facebook. Bien que généralement entourés d’une grande discrétion, les moukhabarate américains ont choisi l’ironie pour faire leur grande entrée sur Twitter : « Nous ne pouvons confirmer ni démentir que c’est notre premier tweet », écrit l’agence. En 90 minutes, plus de 80 000 personnes s’abonnent à leur compte.

Bien sûr, la CIA n’a jamais été bien loin des réseaux sociaux. L’agence, qui s’intéresse depuis un certain temps déjà à Facebook – mais non pas pour retrouver des amis –, posséderait une cellule dédiée à l’espionnage des réseaux sociaux. Dans un communiqué, son directeur John Brennan explique toutefois que la décision d’investir les réseaux sociaux a été prise pour « entamer un dialogue plus direct avec l’opinion publique et fournir des informations sur la mission de l’agence et sur son histoire ». La CIA était d’ailleurs déjà officiellement présente sur Flicker et sur YouTube. « Nous avons des contenus importants à partager, ajoute le patron de l’agence. Nous voulons faire en sorte que le public américain soit plus au courant de nos informations déclassifiées, conformément à notre mission de sécurité nationale. »
Dans son second tweet – le dernier en date d’ailleurs –, la CIA écrit : « Merci pour vos messages de bienvenue sur @Twitter ! Nous avons hâte de partager avec vous des informations déclassifiées fort intéressantes. »

Mais Twitter étant ce qu’il est, permettant la communication directe entre internautes de tous bords, il n’était qu’une question de temps avant que la CIA ne soit bombardée de messages absurdes et/ou drôles. Comme celui de @Wikileaks qui annonce à l’agence avoir hâte de partager des informations classifiées sur l’institution ou encore celui du blogueur Karl Sharro qui s’adresse dans un même tweet à la CIA et au Front al-Nosra en espérant les mettre en contact. « J’espère que ce n’est pas trop maladroit », ironise-t-il.

Sur Facebook, l’agence adopte un ton de loin plus sérieux (et quelque peu menaçant ! ). Avec une photo de son siège en Virginie, la CIA met en garde dans un de ses statuts contre la diffusion sur sa page de tout propos vulgaire ou image offensante : « Nous ne tolérerons pas les commentaires injurieux, haineux ou diffamatoires (…). Ne publiez aucun contenu considéré comme étant classifié ou sensible, ou qui pourrait porter atteinte à un individu ou à une organisation. Ne publiez aucune publicité (…), ni des images ou photos soumises à des droits d’auteur. (…) Les contenus représentant des activités criminelles ainsi que les menaces seront transmis aux autorités judiciaires appropriées. »

Un bon conseil : trolls, abstenez-vous ! On ne plaisante pas avec le renseignement américain. Pas sur sa page Facebook du moins…

« Quelqu’un devrait dire aux Saoudiens… »

15 Nov

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Ils ont quitté l’un des pays les plus pauvres au monde, l’Éthiopie, pour travailler dans l’un des royaumes les plus riches de la planète, l’Arabie. Immigrés clandestins ou légaux, ils ont quitté leur famille dans l’espoir d’une vie pas nécessairement meilleure, mais du moins plus rentable. Cependant, depuis le début du mois, ces travailleurs sont sous la loupe de la police saoudienne qui mène une vaste campagne de répression contre ceux n’ayant pas régularisé leur situation dans le pays.
Une campagne qui, samedi dernier, a dégénéré en troubles dans le quartier défavorisé de Manfouha, dans le sud de Riyad, et au cours desquels trois Éthiopiens ont été tués et 68 personnes blessées.

Sur les réseaux sociaux, des photos et des vidéos de la brutalité policière contre les immigrés d’origine africaine se sont propagées comme une traînée de poudre, suscitant une vague d’indignation sur la Toile.

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Sur Twitter, des internautes éthiopiens ont lancé une campagne pour dénoncer la répression menée par la police saoudienne contre leurs concitoyens. Employant le mot-dièse #SomeoneTellSaudiArabia (Quelqu’un devrait dire aux Saoudiens, en français), des dizaines d’Éthiopiens ont critiqué la brutalité avec laquelle des milliers de personnes ont été arrêtées. Voici quelques-uns de leurs messages :

« Quelqu’un devrait dire aux Saoudiens…

…de cesser d’embarrasser le monde arabe avec la violence inhumaine et immorale qu’ils exercent contre des réfugiés innocents » (@AbdiDis)

…que, selon un verset du Coran, “celui qui tue une âme innocente, c’est comme s’il avait tué toute l’humanité” » (@zelalemkibret)

…que les gens que vous torturez et tuez ont une famille, des proches et des voisins » (@abelpoly)

…que leurs actes contre les immigrés éthiopiens constituent une preuve qu’ils n’ont aucun respect pour l’humanité » (@TameZKafir)

…que les ressources sont limitées, contrairement aux besoins humains. Ne comptez pas sur votre pétrole tout en pensant que la vie humaine ne vaut rien ! » (@kibralem)

…que les personnes que vous faites souffrir sont peut-être pauvres matériellement, mais sachez que vous êtes pauvres spirituellement » (@AbdulrrhmnAli)

…que l’islam nous apprend la tolérance, la gentillesse, la compassion, et non pas la mort et la torture. Cessez de tuer nos frères et sœurs éthiopiens » (@Freehuriya)

…que les Arabes se sont réfugiés en Éthiopie lorsqu’ils étaient persécutés, l’histoire pourrait se répéter, (alors) traitez les êtres humains avec respect » (@HailuTikursew)

 

Ce n’est pas la première fois que les internautes éthiopiens se mobilisent pour dénoncer le mauvais traitement infligé à leurs compatriotes au Moyen-Orient. En mars 2012, l’agression filmée d’une domestique éthiopienne en pleine rue et en plein jour à Beyrouth, avait suscité la colère de nombre des compatriotes de la jeune femme qui ont réagi sur Internet, certains allant même jusqu’à crier vengeance.

Selon l’Organisation internationale du travail, les migrants éthiopiens au Moyen-Orient subissent des violences physiques et mentales, des conditions de travail indignes, des salaires dérisoires et des discriminations…

À vendre : voiture piégée, très bon état…

21 Août

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Au Liban, c’est par vagues successives que les catastrophes arrivent. Après les assassinats politiques et les attentats, les produits avariés et les médicaments périmés, les effondrements d’immeubles, les enlèvements et contre-enlèvements… voici venu le tour des voitures piégées (encore !).
Depuis les attentats qui ont visé la banlieue sud de Beyrouth, les 9 juillet et 15 août, et la découverte dimanche d’une voiture contenant plus de 250 kilos d’explosifs à Naamé, dans le Chouf, la phobie s’est installée chez les Libanais, comme aux temps des « événements ». Et pour alimenter encore plus la hantise générale, des rumeurs évoquant la découverte, ici et là, de véhicules « suspects » se sont propagées à la vitesse de la lumière par la voie des médias et des réseaux sociaux.

Un climat de psychose qui s’est d’ailleurs reflété dans le communiqué des Forces de sécurité intérieure appelant les Libanais à la « vigilance » et les exhortant à composer sans attendre le numéro d’urgence 112 pour notifier les responsables de tout renseignement sécuritaire pertinent ou cas suspect.

Fidèles à leur tradition de tourner en dérision toutes les situations, aussi dramatiques soient-elles, les Libanais ont multiplié ces derniers jours les plaisanteries « piégées », rappelant le proverbe « Mieux vaut en rire qu’en pleurer ». En voici sept des plus sarcastiques, repérées sur Twitter :

 

Une voiture suspecte découverte à Saadiyate. Ah non ! C’est la mienne qui a juste besoin d’un lavage en urgence ! (@ghazayel)

clicGhazayel

 

Repérez une voiture piégée près de chez vous et vous aurez peut-être la chance de gagner un voyage tout inclus aux Maldives. (@MhdDankar)

clicDankar

 

Sur une photo prise dans un lieu non identifié et twittée par @SaraAssaf : « Prière de ne pas faire exploser de voitures près du magasin parce que la moitié de la marchandise a été achetée à crédit. »

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À vendre : voiture piégée, 6 cylindres, toutes options, vitres fumées, très bon état. Pour plus d’infos, contactez les services de renseignements. (@NourOusama)

clicNourOusama

 

Il ne manquait plus que ça au Liban ! Une voiture piégée découverte tous les jours ! Pourtant, il ne suffit que d’un missile pour détruire ce pays tellement il est petit ! Pas besoin de tout cet arsenal les gars ! (@ElissarNd)

clicElissar

 

Offre spéciale : repérez une voiture piégée et gagnez-en deux (@MinJami3o)

clicminjami3o

 

Je cherchais le terme désignant la phobie des voitures piégées, mais je n’en ai pas trouvé. Il faut en inventer un… (@ZakiaDimassi)

clicZakia

La « libanisation », selon Twitter

31 Juil
 Photo via @El_7oss sur Twitter.

Photo via @El_7oss sur Twitter.

 

Selon le Larousse, dictionnaire de référence, la libanisation est un « processus de fragmentation d’un État, résultant de l’affrontement entre diverses communautés de confessions, par allusion aux affrontements que connut le Liban dans les années 1980 ».
Trente ans après la fin de la guerre civile, le terme semble avoir acquis une série de sens nouveaux (tout aussi péjoratifs). En voici les plus récurrents… selon Twitter :

 

Assassinat politique
En huit ans, le Liban a connu au moins dix assassinats politiques, dont quatre pour la seule année 2005. En Tunisie, il en a fallu deux en cinq mois pour parler de « libanisation ». Le 25 juillet, le député de l’opposition Mohammad Brahmi est assassiné. Sa famille impute l’assassinat à Ennahda, qui rejette ces accusations. Les autorités désignent les auteurs comme des salafistes jihadistes. Le 6 février, l’opposant anti-islamiste Chokri Belaïd est tué à Tunis. L’assassinat, attribué par les autorités à un groupuscule radical salafiste, provoque une crise politique qui conduit à la démission du gouvernement et un nouveau cabinet dirigé par Ali Larayedh.

« Un mot n’a cessé de résonner dans ma tête en cette nuit horrible : libanisation #brahmi », écrit @HatemNafti. « Le projet de libanisation tant rêvé et essayé de part et d’autre ne réussira jamais en Tunisie », réagit de son côté @AHa767.
« Dans la foulée de la libanisation », @El_7oss propose de son côté de changer le drapeau de son pays en s’inspirant de celui du Liban, remplaçant le cèdre par l’olivier, emblème de la Tunisie (voir l’image ci-dessus).

Discours politique haineux
Les exemples ne manquent pas au Liban… Il suffit de regarder le journal télévisé, lire le journal ou écouter les infos à la radio pour être bardé de propos enflammés, incitant à la haine ou offensifs.
En France, avec la montée de l’extrême droite, les discours se radicalisent aussi, notamment à l’approche des municipales de mars 2014. Un phénomène qui semble irriter nombre d’internautes, dont @Odegioanni qui exprime sa « fatigue » d’écouter les politiciens parler « avec haine et ignorance », « même les dimanches ! ». « Oui, c’est bien triste, ou comment des incompétents au pouvoir sont en train de mettre la France sur la voie de la libanisation », lui réplique @GALITE1.

 

Chard

Autre phénomène « libanais » en France : le déploiement de banderoles à caractère politique sur les autoroutes. La semaine dernière, à l’occasion du week-end de départ en vacances, le Front national a déployé une banderole sur l’autoroute A9, dans le sud de la France, comportant un message de Marine Le Pen, souhaitant de « bonnes vacances » aux automobilistes. Une opération de com’ qualifiée de « dangereuse » par les gestionnaires de l’autoroute, qui avancent le risque de distraction, mais aussi celui d’accident en cas de chute de la banderole. « Encore un élément qui prouve le processus de libanisation de la France », selon @AbouDiable, un Libanais étudiant en droit à La Sorbonne.

Profondes divisions
Depuis la destitution du président Mohammad Morsi, le 3 juillet, la rue égyptienne est en ébullition. En moins d’un mois, plus de 200 personnes ont été tuées dans des violences survenues lors de manifestations massives rivales entre partisans et adversaires du président déchu.
Une situation qui, pour de nombreux internautes égyptiens, rappelle le Liban, profondément divisé entre pro et antirégime syrien.

« Il paraît que l’Égypte est en voie de libanisation, commente @Aaborashid. Chaque groupe s’est retranché dans son coin et assure sa propre protection. » « Toutes les tentatives d’afghanisation ou de syrianisation de l’Égypte vont échouer tout comme ont échoué les tentatives précédentes de libanisation ou de somalisation du pays. L’Égypte invente son propre modèle… » écrit de son côté @AhmedZaky.
« L’impunité encouragera le terrorisme en Égypte. Non à la libanisation de l’Égypte ! » lance pour sa part @DiAyDi.

Une réflexion à laquelle répond avec humour @jadelrab : « Que Dieu “libanise” nos femmes, mais pas nos politiciens ! »

Depuis l’espace, il raconte sa vie sur Twitter

13 Fév
Chris Hadfield

Chris Hadfield

Comment un astronaute, embarqué depuis plusieurs mois dans une station spatiale qui gravite en orbite à 400 km de la planète, a-t-il réussi à devenir une star sensationnelle sur le Web ?
Avec sa jeunesse d’esprit, ses talents multiples et son goût pour les réseaux sociaux, il n’a pas fallu beaucoup d’effort à Chris Hadfield pour séduire le cœur des Terriens.

Depuis la Station spatiale internationale (ISS), où il est en mission de décembre 2012 à mai 2013, le commandant canadien raconte les détails passionnants de sa vie d’astronaute sur ses comptes Twitter, Facebook et YouTube.

« Voici de l'eau en impesanteur. Cette image est amusante à regarder, peu importe dans quel sens on la place ». (Photo Chris Hadfield/NASA)

« Voici de l’eau en impesanteur. Cette image est amusante à regarder, peu importe dans quel sens on la place ». (Photo Chris Hadfield/NASA)

Avec ses quelque 400 000 admirateurs, il partage ses passe-temps préférés sur le Web : enregistrer le son ambiant de l’espace, filmer des objets flottant dans la station, échanger des tweets avec des internautes, dont des célébrités, comme l’acteur William Shatner, le capitaine Kirk de la série télévisée Star Trek…
« Vous twittez depuis l’espace ? » lui a demandé ce dernier. « Orbite standard, capitaine. Et nous détectons des signes de vie à la surface », a répondu le commandant Hadfield, visiblement inspiré du classique télévisé.

Mais l’activité favorite du commandant canadien qui a fait de lui la star qu’il est aujourd’hui reste sans conteste la série de photographies de la Terre vue depuis son hublot : des constellations de lumière de grandes villes la nuit, des terres agricoles recouvertes de neige en forme d’échiquier, des courants tourbillonnants dans le fond d’un océan, l’impact d’une météorite dans le désert africain… De merveilleux tableaux naturels « hors de ce monde » !

« Les humains ont besoin de lignes droites, mais pas la nature ». (Photo Chris Hadfield/NASA)

« Les humains ont besoin de lignes droites, mais pas la nature ». (Photo Chris Hadfield/NASA)

« Les frontières sont généralement invisibles depuis l'espace, mais celle séparant l'Egypte d'Israël ne l'est pas. »(Photo Chris Hadfield/NASA)

« Les frontières sont généralement invisibles depuis l’espace, mais celle séparant l’Egypte d’Israël ne l’est pas. »
(Photo Chris Hadfield/NASA)

Une rivière en forme de "S" quelque part en Amérique du Sud. (Photo Chris Hadfield/NASA)

Une rivière en forme de « S » quelque part en Amérique du Sud. (Photo Chris Hadfield/NASA)

« La Terre a un problème d'acné : l'un a éclaté, l'autre pas. » (Photo Chris Hadfield/NASA)

« La Terre a un problème d’acné : l’un a éclaté, l’autre pas. » (Photo Chris Hadfield/NASA)

« Shanghai, en Chine. 23 millions d'habitants. » (Photo Chris Hadfield/NASA)

« Shanghai, en Chine. 23 millions d’habitants. » (Photo Chris Hadfield/NASA)

Autre passe-temps favori de l’astronaute multitalentueux : la musique. La veille de Noël, Chris Hadfield devient le premier homme à avoir écrit, chanté et enregistré une chanson depuis l’espace. Dans Jewel in the Night, il évoque la beauté de la Terre, la nuit. Commentant son clip, qui a été visionné plus de 90 000 fois sur YouTube, l’astronaute-chanteur explique que le bourdonnement en bruit de fond est celui des ventilateurs de la station.

Lundi dernier, le commandant hausse la barre encore une fois et devient le premier astronaute à avoir participé à un duo en direct entre l’espace et la Terre. La chanson (logiquement) appelée I.S.S. (« Is Someone Singing ») a été coécrite avec Ed Robertson, chanteur du groupe Barenaked Ladies et un « ami de longue date ». Elle a été enregistrée et diffusée alors que Chris Hadfield se trouvait à bord de la station spatiale parcourant le cosmos à 28 200 km/h, tandis que Robertson chantait les pieds sur terre, depuis un studio à Toronto.

Un premier album produit de l’espace est actuellement en cours de préparation. L’astronaute compte y inclure une série de chansons qu’il a écrites lui-même pendant son séjour à bord du vaste laboratoire scientifique orbital. Avant d’embarquer pour sa mission de six mois, il avait indiqué au site « Universe Today » qu’il envisageait de chanter le plus possible à bord de la station spatiale.

En mars 2013, le commandant Hadfield prendra la barre de la station pendant les trois derniers mois de son séjour. Il deviendra ainsi le premier Canadien à prendre les commandes de l’ISS et dirigera un équipage composé de deux Américains et de trois Russes.

Une vraie étoile montante…

Le top 5 des questions typiquement libanaises

7 Nov

C’est un nouveau « jeu » qui a été lancé le week-end dernier sur Twitter : recenser les questions entendues quasi quotidiennement de la bouche des Libanais. Un drôle d’exercice qui a attiré la participation d’une centaine d’internautes originaires du pays du Cèdre. Résultat : un flot d’expressions assez révélatrices de la situation socio-économique et morale des Libanais. À part les traditionnelles « Hi, Kifak ? Ça va ? » et « Chou fi ma fi ? », voici les cinq questions les plus courantes :

« Chou esmak ? »
Une question banale dans tous les pays au monde, sauf au Liban, où elle est généralement perçue comme une question-piège. Au pays du Cèdre, où cohabitent 19 confessions, nombreuses sont les personnes curieuses de connaître la religion de l’autre. Pour ce faire, il leur suffit en général de poser cette simple question : « Comment tu t’appelles ? » Si le nom est trop flou ou pas assez révélateur, le Libanais aura alors recours à une deuxième question-piège : « De quelle région viens-tu ? »

Une fois la religion déterminée, il s’agit ensuite de savoir de quel bord politique vous vous situez : « Ah, tu es chiite ? Tu es avec le mouvement Amal ou le Hezbollah ? » « Ah, tu es chrétien ? Tu es avec (Michel) Aoun ou (Samir) Geagea ? »…

« Kahraba aw moteur ? »
Depuis plusieurs années déjà, le rationnement en électricité est le sujet phare de toutes les conversations au Liban. Certaines régions ont plus de 20 heures d’électricité par jour, quand d’autres ont plus de 20 heures de coupures quotidiennes… Gérer cette situation au quotidien entraîne une série de questions auxquelles se sont habitués les Libanais. Exemples :
« L’électricité est coupée… Tu as éteint l’air conditionné et le réfrigérateur ? »
« Tu paies combien l’abonnement au générateur ? »
« Tu reçois 5 ou 10 ampères ? »
« Le disjoncteur a sauté… qui descend le remonter ? »


Mais le rationnement en électricité n’est pas le seul problème que les Libanais ont à gérer au quotidien. Il y a aussi les coupures d’eau (« Vous avez de l’eau en ce moment chez vous ? » ; « Tu as vérifié s’il y a assez d’eau dans le réservoir avant de prendre ta douche ? »), la mauvaise qualité des réseaux téléphoniques (« Tu as du réseau toi ? » ; « Allô ? Tu m’entends ? Allô ? »), ou encore la très faible et lente connexion Internet (« Fi Internet ? »)…

« La route de l’aéroport est coupée ? »
Autres coupures très courantes au Liban, celles des routes. La plus populaire est celle de l’aéroport, souvent bloquée avec des pneus enflammés par des manifestants en colère pour quelque sujet que ce soit… Une situation qui entraîne presque immanquablement des questions du genre : « Tu crois qu’ils vont la rouvrir bientôt ? », « Tu crois que nous devrions reporter notre voyage ? »…


« Coups de feu ou feux d’artifice ? »
Au pays du Cèdre, les accrochages armés, qu’ils soient de nature personnelle ou politique, peuvent éclater à tout moment et sans préavis : dispute autour du stationnement d’une voiture, heurts entre miliciens sunnites et chiites, accrochages entre deux familles rivales…
Mais les coups qui résonnent peuvent aussi être des tirs de joie ou de feux d’artifice pour célébrer le retour des pèlerins de La Mecque, par exemple, ou la réussite d’un enfant au brevet, le début d’un discours télévisé d’un dirigeant politique très populaire, ou encore pour marquer la clôture de la saison estivale d’une boîte de nuit superbranchée…
Inutile de décrire la confusion que ce cocktail de sons peut créer chez les Libanais…

« Ta Sri Lankaise, elle vient de quel pays ? »
Il y a plus de 200 000 travailleuses domestiques migrantes au Liban. La plupart d’entre elles viennent de pays asiatiques, dont le Sri Lanka, les Philippines et le Népal. Pour éviter le casse-tête « géographique » (pour ne pas dire racial), beaucoup de Libanais emploient donc l’adjectif « sri lankaise » pour désigner l’ensemble des travailleuses domestiques.
Cette irrégularité lexicale est toutefois loin d’être le dernier souci de ces femmes qui sont exclues du droit du travail et soumises à des règles d’immigration restrictives qui les exposent au risque d’exploitation et rendent difficile pour elles de quitter un employeur abusif. Le taux élevé de mauvais traitements a amené plusieurs pays – mais pas encore le Sri Lanka – à interdire à leurs ressortissantes d’aller travailler au Liban.

Ecrire une nouvelle, un tweet à la fois…

31 Oct

Après avoir bouleversé le monde des médias, Twitter espère aujourd’hui révolutionner l’univers des lettres… un tweet à la fois.

Outil généralement apprécié par les journalistes, activistes politiques et, plus récemment, par les politiciens, Twitter est idéal pour le partage de l’information de manière rapide, directe et sans censure. Articles de presse, photos, vidéos ou informations brutes, la diffusion sur le réseau social se fait en temps réel et peut atteindre des millions de personnes à travers le monde, tout comme l’ont démontré les révolutions arabes depuis 2011.

Mais à présent, Twitter souhaite « mettre la narration à l’honneur » en organisant son premier festival de la fiction qui aura lieu durant cinq jours, du 28 novembre au 2 décembre, à travers le monde. « Un événement virtuel qui aura lieu intégralement sur Twitter », indique le réseau social sur son blog en français.
« Twitter est un lieu où l’on partage du contenu. Souvent, ce dernier traite de l’actualité, de la politique, du sport ou encore de musique. Twitter s’avère aussi être l’endroit idéal pour raconter des histoires, et quand on déborde d’imagination, 140 caractères c’est déjà beaucoup ! lit-on encore sur le blog. Nous voulons aller plus loin et offrir la possibilité aux auteurs de s’exprimer sur Twitter à travers le monde. »
Simple tweet, live tweet, tweet chat ou nouveau format, le réseau social invite ses utilisateurs à se servir de « toutes les fonctionnalités existantes de Twitter pour faire de votre histoire la plus créative de toutes ».
Seule limitation, la durée du festival, soit 5 jours. « Ce qui signifie que votre fiction peut tenir en une heure comme en 5 jours », stipule Twitter.

La micronouvelle (ou « Flash Fiction ») est un genre qui ne date pas d’hier. Dans les années 20, l’auteur américain Ernest Hemingway aurait affirmé pouvoir écrire une nouvelle en moins de dix mots. Il a réussi son pari en six : « À vendre : chaussures de bébé, jamais portées. »
En France, le journal Le Matin publiait en 1906 une rubrique intitulée « Nouvelles en trois lignes » à laquelle collaborait régulièrement le journaliste Félix Fénéon (1861-1944). Ces « nouvelles », qui portaient tant sur les faits divers que sur les flux du marché, se présentaient sous la forme d’une information rédigée de la manière la plus condensée possible, entre 100 et 135 caractères. Exemple : « Madame Fournier, M. Voisin, M. Septeuil se sont pendus : neurasthénie, cancer, chômage. »

Si vous êtes tentés par le Festival de la fiction de Twitter, les propositions de sujets doivent être adressées avant le 15 novembre, notamment via le blog de Twitter.
Les auteurs sélectionnés et le programme du festival seront annoncés le 19 novembre.

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