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Sur les réseaux sociaux, un élan de solidarité avec les victimes d’Achrafieh

24 Oct

L’équipe de #Ashrafieh4all en plein travail

Ils sont jeunes, ils sont branchés, et regorgent de belles idées…
Quelques minutes à peine après l’attentat de vendredi dernier, place Sassine à Achrafieh, des centaines d’internautes libanais ont pris d’assaut les réseaux sociaux pour offrir leur aide aux victimes.

« Besoin urgent de sang de tous types dans les divers hôpitaux d’Achrafieh. S’il vous plaît, si vous êtes dans la région, aidez les victimes en donnant du sang et des plaquettes ! » exhortait sur Facebook et Twitter l’association « Donner Sang Compter » (@DSCLebanon). Un appel qui sera entendu par plusieurs dizaines de Libanais qui se sont rendus sans attendre à l’Hôtel-Dieu, l’hôpital le plus proche du lieu de l’attentat. Les volontaires étaient si nombreux à répondre à l’appel de « Donner Sang Compter » que l’ONG s’est vue obligée d’envoyer un nouveau message invitant les internautes à rester « mobilisés » chez eux, en cas de besoin.
Une heure plus tard, à 17h26, l’ONG envoie un troisième message, encore plus rassurant : « Tous les hôpitaux ont collecté assez d’unités de sang à présent ! Nous vous garderons informés de la situation en cas de nouveaux développements ! »

La file d’attente des donneurs de sang à l’Hôtel Dieu. Photo @DSCLebanon

Les hommages à « Donner Sang Compter » pleuvent sur Twitter : « Vous faites un travail merveilleux, écrit @brunatella. En plus du sang, vous nous donnez de l’espoir dans ce qui reste de l’humanité. Merci. »
Un travail qui sera également remarqué par l’ambassadeur britannique au Liban, Tom Fletcher : « Bravo à @DSCLebanon qui a sauvé des vies en organisant les dons de sang de manière rapide. Le pouvoir des réseaux sociaux est bouleversant quand il est en bonnes mains. »

Autre initiative remarquée sur la Toile, celle de Tinia Nassif (@Tinia9) et Mario Goraieb (@MGo8), deux jeunes activistes libanais à l’origine du groupe « Ashrafieh for all » (Achrafieh pour tous), qui a déclenché un formidable élan de solidarité en faveur des personnes affectées par l’attentat de Sassine.
« Écœurés par ce crime, nous avons décidé de lancer un groupe sur Facebook et un hashtag sur Twitter invitant les Libanais à aider les victimes par tous les moyens possibles, me raconte Tinia. Nous ne sommes affiliés à aucun parti politique, tout le monde a marre de la politique. Nous voulons simplement faire une différence dans la vie de ces gens… »

Une affiche conçue par @itsRomyy pour « Ashrafieh for all ».

À peine l’initiative lancée, Tinia et Mario ont été submergés de messages d’internautes souhaitant collaborer avec eux. Pour coordonner les efforts, les deux activistes s’associent avec l’ONG Nasawiya pour la récolte de donations de toutes sortes : « Nous avons reçu de tout le Liban des vêtements, des aliments en conserves, des bouteilles d’eau, ainsi que des affaires de toilette, indique Tinia. Nous avons reçu des appels de Saïda, Tripoli, Broummana, Byblos… Des charpentiers se sont dit prêts à aider dans la reconstruction des maisons endommagées, des psychologues se sont portés volontaires pour soutenir les victimes, des Libanais vivant à Dubaï et à Paris ont déjà commencé à récolter de l’argent pour les familles dans le besoin… »
Sur Twitter, @Tinia9 diffuse des photos de sacs remplis de donations, stockés dans les locaux de Nasawiya. « Le tout sera réparti dans des boîtes qui seront ensuite distribuées aux familles affectées par l’attentat, explique la jeune femme de 26 ans. Nous avons déjà empaqueté plus d’une cinquantaine de boîtes. »

Des photos des donations sont quotidiennement publiées sur Facebook.

Parallèlement, toujours sur Twitter, de nombreux jeunes Libanais proposaient un logement aux personnes ayant perdu leur maison dans l’explosion. « Ma maison à Sassine est ouverte à tous ceux qui ont besoin d’un endroit pour dormir », écrit Ralph Choueiri (@ralfchoueiri), accompagnant son tweet de son numéro de téléphone portable. Un message qui sera partagé plus de 450 fois ! « J’habite en face de la ruelle qui a été visée par l’attentat, m’explique Ralph. Je me suis donc senti très concerné par ce qui s’est passé. » « Le tweet est sorti tout seul, de manière spontanée, assure le jeune homme de 27 ans. Je n’ai même pas demandé l’avis de mes parents parce que je sais bien qu’ils auraient réagi de la même manière. »

Même réaction du côté de Saïd Abou Kharroub (@SaidAbouKharoub), 24 ans, qui n’a pas hésité à ouvrir sa maison familiale aux personnes dans le besoin, bien qu’il habite à 20 km du lieu de l’attentat, dans la région de Naameh. « Je suis allé donner du sang à l’Hôtel-Dieu, mais il y avait trop de monde, je suis allé ensuite chez Nasawiya, mais j’ai vu qu’il y avait déjà beaucoup de donations, explique Saïd. J’ai donc pensé à ceux qui avaient perdu leur maison à Sassine ou qui étaient coincés sur l’autoroute du Sud à cause des troubles sécuritaires. » « C’est la moindre des choses, assure encore ce jeune homme. J’ai vécu la guerre israélienne de 2006 et puis les affrontements à Beyrouth en mai 2008. Je ne veux plus que cette misère se reproduise… »

Internautes libanais, Israël vous suit… de près

11 Juil

Les réseaux sociaux, nouvel outil de renseignement ? Pourquoi pas ?
À l’ère de Facebook, Twitter et YouTube, il est désormais plus facile de se faire une idée de l’opinion publique d’un peuple donné, à un moment donné, que d’ouvrir la porte de son frigo…

Et dans un pays comme le Liban, où le déballage public est (presque) un sport national, il ne faut pas s’étonner d’apprendre que les internautes sont suivis de près par un éventail de chercheurs, observateurs et services de renseignements du monde entier, israéliens en premier.

À quoi pourraient-ils bien s’intéresser ? Qui suivent-ils ? Qu’en pensent-ils ?

INSS, un think-tank israélien spécialisé dans les études relatives à la sécurité nationale de l’État hébreu, a surveillé les commentaires, conversations et « statuts » des internautes libanais sur les nouveaux médias. L’institut rattaché à l’université de Tel-Aviv vient de publier ses observations dans un rapport intitulé « Trends in Lebanon : Lebanese Discourse on the Social Networks » (Tendances au Liban : le discours des Libanais sur les réseaux sociaux). En voici les principaux points :

Informations générales :
– La majorité des 10 % de la population libanaise qui utilisent les réseaux sociaux s’identifie avec le camp du 14 Mars.
– La plupart de ces internautes sont sunnites, mais englobent également un bon nombre de chrétiens.
– La participation des chiites et des druzes a augmenté depuis le déclenchement des révoltes populaires dans la région.

Hommes politiques :
– Certaines personnalités politiques, dont le Premier ministre Nagib Mikati et son prédécesseur Saad Hariri, sont particulièrement actifs sur le Net. Ils utilisent les nouveaux médias pour envoyer des messages, exprimer des opinions et communiquer avec un public jeune.
– Bien que Nagib Mikati ait adopté une politique de neutralité, le Premier ministre n’est pas perçu comme étant un homme fort et charismatique capable de diriger le pays en temps de crise.

Craintes sécuritaires :
– Les discours sur les réseaux sociaux reflètent une crainte grandissante concernant les tensions intercommunautaires au Liban.
– Il y a de plus en plus d’informations faisant état d’énormes quantités d’armes destinées à différentes « milices » libanaises en provenance d’Iran, de la Turquie, de la Syrie, de l’Arabie saoudite et du Qatar.
– Le sentiment qui prévaut est, qu’à ce rythme, le Liban ressemble à une poudrière qui risque d’exploser à tout moment.
– Le débat sur la nécessité de désarmer le Hezbollah, ainsi que les « milices » sunnites et palestiniennes, prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux.

Mécontentement chiite :
– Depuis que le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah a ouvertement soutenu le régime syrien de Bachar el-Assad, un nombre grandissant de journalistes chiites critiquent le dirigeant du Hezb.
– Des internautes chiites libanais ont exprimé leur frustration en raison du soutien politique de Hassan Nasrallah à Assad.
– Des chiites de la banlieue sud se disent insatisfaits du niveau sécuritaire dans leurs quartiers et ont envoyé des messages à Nagib Mikati lui demandant une plus grande implication de l’État dans la région.

Le rapport israélien indique, en conclusion, que « le Liban fait relativement plus de progrès que le reste des pays arabes ». Toujours selon le texte, les jeunes Libanais préfèrent s’attaquer aux problèmes sociaux, comme les droits de la femme, la justice sociale, les crises énergétiques et le chômage, « plutôt que de faire la guerre des autres »…

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