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Vous voulez une photo d’Irak ? Tenez !

13 Juil

Un soldat américain en poste en Irak veut en finir avec le harcèlement de sa famille qui lui réclame sans cesse des photos de son pays hôte.

Il leur envoie celle-là…et tout le monde lui fiche la paix depuis…

Les « humains du Liban », capturés en photos

6 Juin

Un vendeur de jus d’orange frais sur la corniche de Beyrouth. Photo prise par Krikorian Mehr pour « Humans of Lebanon ».

Pour les amoureux du Liban, peuple et culture, deux pages vous sont recommandés sur Facebook : « Humans of Lebanon » et « Humans of Beirut ». Créées à un mois d’intervalle par deux étudiants de l’Université américaine de Beyrouth, ces pages s’inspirent d’un concept international qui fait fureur sur le Net depuis fin 2010.

À l’origine de ce concept, un photographe américain du nom de Brandon Stanton qui publiait sur une page Facebook le portrait de milliers d’étrangers qu’il croisait dans les rues de New York, accompagné d’une courte histoire. Très vite, « Humans of New York » attire plus de 120 000 « admirateurs » à travers le monde.

Telle une contagion, le concept se répand avec « Humans of India », « Humans of Sydney », « Humans of London », « Humans of Madrid », « Humans of Paris », « Humans of Dublin », « Humans of Geneva »…

Pourquoi Beyrouth ferait-elle donc exception ?

Une photo de Sara Jaber sur la page « Humans of Beirut ».

C’est en découvrant la page « Humans of New York » qu’un jeune étudiant de l’AUB décide, il y a un mois, de lancer « Humans of Beirut ». S’exprimant sous le couvert de l’anonymat, le photographe amateur de 20 ans dit vouloir « montrer la beauté du Liban au monde entier et aux Libanais eux-mêmes, surtout ». « J’ai vécu une partie de ma jeunesse à l’étranger et je suis rentré au pays il y a près de deux ans. Je suis un amoureux de Beyrouth, je me sens très vexé quand quelqu’un dit du mal du Liban », dit-il.

Un sentiment que partage Joey Ayoub, 21 ans, étudiant en santé environnementale à l’AUB et blogueur. Joey a créé la page « Humans of Lebanon » sur Facebook le 30 mai dernier. « Je vois le Liban comme un rêve et je suis convaincu que notre monde actuel, si interconnecté via Internet, permettra à ce rêve de se réaliser, affirme-t-il. Je pense que ce pays est beaucoup trop petit pour être aussi divisé. »

« Humans of Lebanon » et « Humans of Beirut », deux pages pour un même concept, même si la première se veut plus « large » et plus « englobante » que la seconde. « Les deux pages partagent le même objectif : effectuer un “recensement photographique” des humains au Liban, explique Joey, qui gère sa page avec Krikorian Mehr, un photographe professionnel. Mais dans “Humans of Lebanon”, nous voulons montrer des humains de tout le Liban et pas uniquement de Beyrouth. »

A l’intérieur d’un salon de coiffure éthiopienne dans le quartier de Karm el-Zaytoun à Achrafieh. Une photo prise par Emilie Houwat et postée sur « Humans of Lebanon ».

Comment ça marche ? Le concept est très simple : tout photographe – amateur ou professionnel – peut soumettre ses photos d’« êtres humains » rencontrés au Liban, qu’ils soient simples citoyens, touristes ou ouvriers étrangers, peu importe. Ces portraits, accompagnés d’une petite histoire, peuvent être ensuite soumis à « Humans of Beirut » (HumansofBeirut@gmail.com) ou « Humans of Lebanon » (humansoflebanon@gmail.com).

« N’importe quelle personne peut participer, on n’est pas stricte du tout, affirme Joey. On se contente tout simplement d’avoir une bonne histoire photographique venant du Liban à partager avec le reste des internautes. » « Donc si vous avez une photo d’un vendeur de falafel à Bourj Hammoud, d’une travailleuse philippine profitant de son jour de congé à Hamra, d’un vieux couple sur leur balcon à Beit-Méry, d’un homme promenant son chien à Dbayeh, d’un ouvrier agricole dans la Békaa ou d’un chauffeur de taxi dans le Sud… n’hésitez pas à les partager avec nous ! »

Aliaa el-Mahdy, la blogueuse qui fait sa révolution nue

16 Nov

Si Aliaa Magda el-Mahdy n’était pas égyptienne – ou arabe –, son blog serait très probablement passé inaperçu. Créé fin octobre, le blog en question ne contient que quelques photos de nus, un petit texte… et c’est tout. Rien de révolutionnaire, quoi !

Et pourtant, le blog de Aliaa – « Le journal d’une rebelle » – enflamme la Toile. La femme nue sur la première photo du blog, c’est bien elle. La deuxième est celle d’un de ses amis qu’elle n’identifie pas. Entre les deux, elle écrit ces mots : « Condamnez les modèles qui posaient nus à la faculté des beaux-arts du Caire au début des années 1970, censurez les livres artistiques, détruisez les statues archéologiques… Déshabillez-vous ensuite et regardez-vous dans un miroir; brûlez ces corps que vous détestez tant et débarrassez-vous de vos complexes sexuels avant de m’insulter et m’empêcher de m’exprimer librement. »
Des mots qui, dans un pays comme l’Égypte, ne peuvent que faire l’effet d’une bombe.

À l’approche des premières élections législatives post-Moubarak, la tension entre libéraux et islamistes égyptiens ne fait que monter. Ainsi, des partis radicaux, comme celui d’al-Nour (salafiste), multiplient les coups d’éclat pour affirmer leur présence et imposer leur loi. Ils ont déjà recouvert d’une burqa les sirènes qui ornent la fontaine de Jupiter au centre d’Alexandrie, et remplacent, à présent, les photos de leurs candidates sur les affiches électorales par des images de fleurs, ou bien par le portrait de leur… époux. À leurs yeux, l’expression de la nudité dans toutes ses formes, y compris artistique, est intolérable.

Le portrait d'une candidate d'al-Nour, remplacé par celui de son mari.

C’est précisément cette mentalité « régressive » que Aliaa, étudiante en sciences politiques à l’Université américaine du Caire, veut dénoncer à travers son blog-choc. Sur Facebook, elle se considère comme « l’écho des cris contre une société de violence, de racisme, de sexisme, de harcèlement sexuel et d’hypocrisie ». Sur Twitter, elle se présente comme une femme « athée, libérale, végétarienne et individualiste ». Des révolutions à tous les niveaux !
« J’ai le droit de vivre en toute liberté où je veux, écrit-elle. Je me sens heureuse et accomplie quand je sens que je suis totalement libre. »

Une des photos publiées sur le blog de Aliaa.

Il est aussi apparu que la jeune femme est également à l’origine de la page Facebook appelant les hommes à se voiler en guise de solidarité avec les femmes (voir le clic du 9 novembre).

Mais dix mois après avoir réussi à surmonter le tabou politique que représentait Hosni Moubarak, la société égyptienne est-elle prête à briser le reste de ses tabous ? Cette affaire divise les internautes :
« Je pense qu’elle est vraiment courageuse, écrit @abraralshammari. La nudité est naturelle et elle envoie un message : oubliez ces vieilles notions que la nudité est honteuse. »
« C’est un manque de pudeur et un manque de compréhension de ce qu’est la liberté, rétorque @Elna7as_Pasha. Si elle sortait comme ça dans la rue, je considérerais qu’elle empiète sur mes propres libertés. »
« Je ne le ferais pas et je pense qu’il y a d’autres moyens d’exprimer sa liberté, relativise @SandraYacoub. Cela dit, c’est son corps. Qui sommes-nous pour juger ? »

« C’est sûr que beaucoup de gens, à commencer par les islamistes, vont chercher à décrédibiliser tous les libéraux qui soutiennent Aliaa el-Mahdy en les présentant comme des débauchés et des prostituées », déplore de son côté Shahinaz Abdel Salam, blogueuse alexandrine, présentée par Le Figaro comme une militante très engagée pour les droits des femmes et auteur de Égypte, les débuts de la liberté. « À titre personnel, je respecte totalement sa démarche et je ne vois pas ça comme une provocation, mais il faut reconnaître que c’est très choquant pour l’immense majorité des Égyptiens. »

Aliaa et Karim, son petit ami.

Interrogé par le site CyberDissidents.org, Karim Amer, le petit ami de Aliaa, affirme que la jeune féministe de 20 ans « a déjà reçu des menaces ». « On ne sait toujours pas quelles seront les répercussions de cette affaire (…), dit-il, mais je ferai tout mon possible pour résoudre tous les problèmes de manière pacifique. » « Je resterai aux côtés de Aliaa quoi qu’il arrive. Je suis très fier d’elle, je suis très fier de son courage… Je crois que je ne pourrais jamais être aussi courageux », ajoute-t-il. Karim, qui est lui aussi blogueur, avait été condamné à quatre ans de prison, en 2007, pour avoir « porté atteinte à l’islam ».

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