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Citoyens libanais, l’antenne est à vous !

26 Avr

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En avez-vous assez de voir les mêmes invités passer et repasser à la télé ? À l’heure où la plupart des médias sont accaparés par les « analystes » et les personnalités politiques de tous bords, surtout en ces temps d’élection, une nouvelle émission donnant exclusivement la parole au Libanais lambda fait ses premiers pas sur le Web. Baptisé « Zee3 Enta » (« Passe à l’antenne », en français), le projet est présenté sous la forme d’un studio ambulant, doté d’un banc installé en face d’une caméra, ainsi que d’un micro, d’un mégaphone et même d’un tableau avec un marqueur… Bref, tout ce dont une personne pourrait avoir besoin pour s’exprimer. L’idée est de donner aux citoyens la chance de passer à l’antenne afin de partager avec l’opinion publique leurs rêves, leurs craintes, leurs aspirations, leurs problèmes…

L’idée, lancée par Sherif Hossny en 2012, a fait ses débuts en Égypte où elle a connu un grand succès à travers le pays. L’émission, qui s’est inspirée de la révolution de janvier 2011 et de la montée du journalisme citoyen, était d’abord diffusée sur YouTube avant d’être reprise par une chaîne satellitaire égyptienne. Les « invités » du talk-show ont évoqué une série de questions politiques, sociales ou économiques qui leur tiennent à cœur. Plusieurs personnes en ont profité pour dénoncer le harcèlement sexuel en Égypte, une jeune femme ayant même proposé d’offrir des cours d’arts martiaux aux femmes qui le souhaitent. D’autres encore ont critiqué la cherté de vie, la hausse des prix alimentaires dans le pays, les mauvaises conditions de transports, le chômage chez les jeunes… Certains ont également vu dans cette initiative une chance pour exhiber leurs talents de chanteur ou d’inventeurs en herbe…

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Photo facebook.com/zee3enta

Encouragé par le succès de « Zee3 Enta » dans son pays natal, Sherif Hossny souhaite aujourd’hui répéter l’expérience dans d’autres pays de la région. Premier arrêt, à Beyrouth : « L’énergie est contagieuse, écrit-il. L’expérience de « Zee3 Enta » en Égypte m’a poussé à viser plus haut, plus loin. Et y a-t-il un meilleur pays que le Liban pour entreprendre un tel projet ? La décision est prise, nous sommes déjà là ! Il y a beaucoup de sujets qui ne sont pas évoqués de manière sérieuse dans les médias traditionnels, affirme encore Sherif Hossny. À travers « Zee3 Enta », chacun de nous peut passer à l’antenne et devenir le présentateur ou le réalisateur de sa propre émission, avec la liberté d’expression la plus totale. Le projet que nous avons commencé au Liban est un projet pilote, mais il nous a fait comprendre que les gens ont besoin d’un espace de créativité et de liberté pour partager leurs sentiments. Il n’y a pas d’agendas cachés ni de producteurs pour limiter vos pensées. Vous êtes les seuls maîtres à bord. »

Photo facebook.com/zee3enta

Photo facebook.com/zee3enta

Mais pour pouvoir aller de l’avant, l’équipe a besoin de financement. Le studio est déjà fin prêt et quelques émissions tests ont déjà été filmées, mais le but de Sherif est de parcourir le pays avec son studio ambulant afin de produire une douzaine d’épisodes, au moins. Fervent croyant dans le « pouvoir citoyen », il se tourne vers le crowdfunding en espérant récolter 72 000 dollars américains, la somme nécessaire pour financer les coûts de production de « Zee3 Enta ». « Cette émission vous appartient, l’antenne est à vous ! »

Intéressés d’en savoir plus ? Visitez la page http://www.zoomaal.com/projects/zee3enta

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Et si le haschisch était légalisé au Liban ?

12 Avr

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Maintenant que le Parlement libanais a rouvert ses portes après une très longue absence, de nouvelles lois sont adoptées à la pelle. Après le vote sur la loi (incomplète) protégeant la femme contre la violence domestique, la loi sur la libéralisation des loyers et celle visant à cadrer les agents de la Défense civile, la légalisation du cannabis serait-elle à l’ordre du jour de la prochaine séance parlementaire ? C’est du moins ce que proposent – non pas sans humour – plusieurs internautes libanais qui affirment qu’une telle démarche réglerait tous les problèmes chroniques du pays.

Durant la guerre civile libanaise, cette culture ancestrale, développée sous l’Empire ottoman, s’était transformée en une industrie générant des centaines de millions de dollars. Mais, depuis les années 90, l’armée éradique tous les ans les milliers d’hectares de cannabis cultivés illégalement, notamment dans la région de la Békaa, dans l’est du pays.

Sur Twitter, des internautes s’amusent à imaginer un Liban où la culture du haschisch local, réputé pour sa qualité, est non seulement tolérée, mais subventionnée par l’État… Publiés sous le mot-clic (hashtag) #إذا_شرّعوا_الحشيش (#SiLeCannabisÉtaitLégalisé, en français), voici un florilège des tweets les plus « tripants » :
#SiLeCannabisEtaitLégalisé….

… Baalbeck deviendrait la capitale du Liban (@tamima91)

… Le Liban règlerait sa dette en moins d’un an et il n’y aurait plus de manifestations (@morc21)

… Rifaat Eid et Khaled el-Daher deviendrait les meilleurs amis au monde et le Liban redeviendra la « Suisse du Moyen-Orient » (@mayssa_elbaf et ici)

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… L’industrie pharmaceutique sera frappée de plein fouet, tout le monde est sous calmant (@Allouchi984)

… Tous les jeunes Libanais trouveraient un emploi et personne ne voudrait plus émigrer (@nadasbeiti)

… Le matin, j’écouterai les chansons de Bob Marley plutôt que celles de Fayrouz (@celeron_r)

… Le Liban offrirait un généreux don financier à Riyad pour soutenir le rial saoudien (@AJibai)

… Les Libanais vont enfin s’aimer les uns les autres et vivre en paix, loin des manifestations, des tensions et des insultes (@inaswik)

… Nous renoncerions à l’exploitation pétrolière. Pourquoi chercher l’or noir si nous avons l’or vert ? (@rashazeinnbn)

À méditer…

Après le chat au micro-ondes, le chien sur le pare-brise…

6 Fév
Capture d’écran montrant un chien collé sur le pare-brise d’une voiture roulant à toute vitesse sur l’autoroute de Nahr el-Kalb, dans le nord de Beyrouth.

Capture d’écran montrant un chien collé sur le pare-brise d’une voiture roulant à toute vitesse sur l’autoroute de Nahr el-Kalb, dans le nord de Beyrouth.

Parler d’un projet de loi protégeant les droits des animaux peut sembler ridicule – voire grossier – dans un pays comme le Liban où les droits les plus basiques des êtres humains – citoyens ou pas – sont continuellement et quotidiennement bafoués. Mais le traitement réservé aux plus faibles en dit beaucoup sur l’état de la société dans laquelle nous vivons…
Si, sur papier, ce projet de loi est encore loin d’être acquis, l’activisme contre la maltraitance animale gagne de plus en plus de terrain en ligne, notamment sur les réseaux sociaux, où les groupes pour la défense des droits des animaux multiplient leurs campagnes de sensibilisation.

Sur Facebook, les groupes Animals Lebanon et BETA (Beirut for the Ethical Treatment of Animals) militent pour informer les Libanais sur ce sujet, en lançant des appels à adoption ou en dénonçant des cas de mauvais traitements repérés à travers le pays.

Dernier cas en date : une vidéo montrant une voiture roulant à toute vitesse sur l’autoroute de Nahr el-Kalb, à quelques kilomètres au nord de Beyrouth, avec un chien sur le pare-brise. Le clip de quelques secondes, qui aurait été pris par un autre conducteur, a fait le tour du Web, suscitant des commentaires d’internautes indignés par cette scène barbare. « Je vous prie de faire tout votre possible pour contacter ce type et sauver ce chien innocent ! Les gens sont si cons ! » écrit Laila Mardini. « Je l’ai vu passer par Achrafieh, je ne pouvais pas croire mes yeux ! » indique de son côté Romy Zalloum. « Moi aussi je l’ai vu une fois sur l’autoroute ! Le chien avait l’air trop appeuré ! Comment peut-on sauver cet animal avant qu’un mal ne lui arrive ? Il faut le sauver le plus vite possible ! » lance pour sa part Sybille Tarazi.

D’autres internautes ont repéré le numéro de la plaque d’immatriculation du conducteur, visible sur le clip, appelant les responsables à l’arrêter.
« Le Liban est membre de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), rappelle Animals Lebanon sous la vidéo. Cela est inacceptable. » « Nous essayons de contacter le propriétaire de la voiture, mais si vous avez des informations supplémentaires n’hésitez pas à nous les envoyer », précise encore le groupe.

Il y a quelques semaines, un autre cas de maltraitance animale avait suscité l’indignation des internautes libanais sur Facebook. Il s’agit de la sordide histoire du chat baptisé « Bousbous » qui avait été jeté dans un micro-ondes par deux jeunes hommes. La scène a été filmée par l’un d’eux et la vidéo de quelques secondes a été partagée des centaines de fois.

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C’est finalement grâce à l’initiative du comédien libanais Nemr Abou Nassar que cette histoire a connu un épilogue heureux. Nemr a contacté les deux jeunes à l’origine de la vidéo, leur demandant de réparer leur erreur. Quelques jours plus tard, les deux hommes se sont présentés au siège d’Animals Lebanon avec Bousbous. L’animal de huit mois n’avait jamais été vacciné ni examiné par un vétérinaire, selon l’association.

 

 

Mardi, l’association annonce que Bousbous a enfin été adopté. « Cela n’est qu’un exemple montrant la maltraitance animale qui a lieu au Liban de manière récurrente, écrit le groupe sur son site. Nous devons faire tout notre possible pour que le projet de loi pour la protection des animaux soit approuvé et adopté. La prochaine fois qu’une affaire pareille se produira, il ne faut pas se demander « que peut-on faire ? », mais dire plutôt : « Cela est illégal, nous savons désormais ce qu’il faut faire ». »

« Touche pas à Feyrouz ! »

30 Oct

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Avichay Adraee est habitué aux insultes. Et comment ne pas l’être, lui qui occupe le poste de porte-parole de l’armée israélienne… en arabe.

Depuis 2011, le commandant Adraee s’est donné pour mission de « communiquer avec le monde arabe sans passer par l’intermédiaire des médias ». « Le meilleur moyen de communiquer, selon lui, est de s’adresser directement au public. » Ainsi, l’unité du porte-parole en arabe se charge de la gestion d’un compte sur Twitter, d’une page sur Facebook et d’un site d’information sur le Web. Très actif sur les réseaux sociaux, le commandant israélien se dit « certain qu’une telle stratégie de communication aura un impact décisif sur l’opinion publique dans le monde arabe. (…) Ces efforts constituent un grand pas, dont l’impact sera certainement mesurable dans un avenir proche ».

Deux ans plus tard, l’impact semble pratiquement inchangé depuis le jour 1 : insultes, lynchage verbal, maudissements… Quasi quotidiennement, les internautes arabophones prennent d’assaut les comptes du porte-parole israélien sur les réseaux sociaux pour exprimer haine, colère et indignation face à la politique de l’État hébreu dans la région.

Le dernier déballage en date a eu lieu samedi soir sur la page Facebook en arabe du commandant Adraee. Pour marquer le passage à l’heure d’hiver, ce dernier a eu l’ingénieuse idée de partager… une chanson de Feyrouz : Je t’ai aimé en été, je t’ai aimé en hiver.
« Le passage à l’heure d’hiver en Israël se déroulera cette nuit, écrit le porte-parole en arabe. (…) Avec cette merveilleuse chanson de Feyrouz, nous disons au revoir à l’été! J’espère que vous passerez une semaine pleine de succès. Salutations. »

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Une démarche qui ne manque pas de surprendre puisque la page Facebook du responsable est généralement utilisée pour diffuser des informations liées à l’armée israélienne ou des photos et vidéos dénonçant les activités du Hamas et du Hezbollah.
C’est d’ailleurs la première fois que le porte-parole partage sur cette page un clip de « l’ambassadrice du Liban auprès des étoiles », connue pour ses positions propalestiniennes.

Comme prévu, les réactions enflammées des internautes arabes ne se sont pas fait attendre. Choqués et outrés, ils ont attaqué la page d’Avichay Adraee par centaines, quelques minutes à peine après la diffusion de la chanson de la diva, l’une des plus célèbres dans le monde arabe.

« Touche pas à Feyrouz ! » réagit l’un. « Si Feyrouz savait que tu aimes ses chansons, cher Avichay, elle se serait suicidée », écrit un deuxième. « Feyrouz, c’est le Liban et le Liban vous a vaincus », souligne un troisième. « Quel culot… Feyrouz chante pour l’amour et la paix, alors que ton gouvernement représente la mort, la guerre et la destruction », remarque un autre.
« Feyrouz a également chanté Ya Zahrat al-Madâ’in (La fleur des cités, en français), appelant à l’unité islamo-chrétienne », rappelle encore un internaute.

Dans cette chanson, Feyrouz chante « Jérusalem est à nous, c’est notre maison. Et avec nos mains, nous allons rendre à Jérusalem son éclat. (…) Tu effaceras ô rivière du Jourdain, les traces des pas barbares. La colère foudroyante arrive »…

Guide (de survie) pour travailleuses domestiques au Liban

7 Août

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30 juillet : une Bangladaise tente de mettre fin à ses jours dans le village de Khiam, dans le sud du Liban. Elle s’est poignardée à plusieurs reprises à l’intérieur de la maison de son employeur. Une enquête a été ouverte.
14 juillet : une Bangladaise de 29 ans s’est suicidée dans la maison de son employeur dans la ville de Zahlé, dans l’est du Liban. Elle s’est pendue en utilisant ses vêtements. L’enquête est en cours.
12 juin : une Éthiopienne de 23 ans a été retrouvée morte dans la maison de son employeur dans la région de Choueifat, dans la banlieue sud-est de Beyrouth. Elle s’est pendue en utilisant une corde. Elle était enceinte de six mois. L’enquête se poursuit…

Des histoires tragiques de ce calibre, il y en a régulièrement au Liban. En 2008, Human Rights Watch a répertorié les décès de travailleuses domestiques au Liban et constaté qu’il y avait eu une mort par semaine en moyenne, attribuable à des causes non naturelles, notamment des suicides et des chutes du haut d’immeubles.

Face à cette situation, et en l’absence d’une nouvelle législation régissant la présence et le travail de plus de 200 000 employées de maison sur le territoire libanais, l’Organisation internationale du travail (OIT), en collaboration avec l’Union européenne, l’Agence suisse pour le développement et le ministère libanais du Travail, publie un Guide pour travailleuses domestiques au Liban.

Ce manuel de 60 pages, disponible en ligne depuis novembre dernier, est destiné aux employées de maison actuelles ou futures. Divisé en quatre parties, il comprend des informations utiles liées aux préparatifs des documents avant le départ pour le Liban (visa, permis de travail, examens médicaux…); des détails sur le contrat du travail et les clauses qui doivent y figurer (date de paiement du salaire, temps libre accordé…) ; des conseils pratiques en cas de soucis liés au travail (expiration du permis, dispute avec l’employeur, fuite de la maison d’accueil…); et, enfin, une initiation à la culture et tradition libanaises (culturelles, culinaires et religieuses…).

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Le guide en ligne comprend également un minidictionnaire bilingue anglais-libanais contenant des termes et expressions utiles, ainsi que des conseils concernant le transfert d’argent vers l’étranger et les appels internationaux. Une version sonore et interactive destinée aux analphabètes a récemment été lancée.

« C’est en clarifiant les rôles et les attentes des employeurs et des employés que nous parviendrons à réduire le risque de malentendus entre les deux parties », affirme à L’Orient-Le Jour Marie-Josée Tayah, coordinatrice du projet de recherche au sein de l’OIT. « La version en ligne nous permet d’atteindre les travailleuses avant même leur arrivée au Liban, explique-t-elle. Celles qui ne savent pas lire ont accès à une version sonore et interactive qui est également en ligne. Bientôt, le site hébergeant le guide comportera une section relative aux nouvelles liées au travail domestique, en vue d’une plus grande sensibilisation. »
« Le guide a, jusque-là, été bien accueilli par les travailleuses domestiques au Liban », assure Mme Tayah.
Et les employeurs ? « Certains l’ont trouvé utile, confie-t-elle. Mais il reste du travail à faire pour que le guide soit perçu d’un bon œil par tout le monde. »

Vous pouvez consulter le guide en visitant le site : http://www.mdwguide.com

Un mariage « gay » à la libanaise… en Australie !

30 Jan
Mouna et Sam, stars de "I Luv U But..."

Mouna et Sam, stars de « I Luv U But… »

Mouna est lesbienne. Sam est gay.
Nés en Australie de familles libanaises conservatrices, les deux jeunes n’osent pas révéler leur orientation sexuelle à leurs parents par peur de leur réaction. « Imaginez la jorsa! » comme dirait le « couple ».

« J’adore ma maman, mais je ne pourrais jamais lui dire que je suis homosexuelle, dit Mouna. Elle me tuerait. Ou bien ça la rendrait tellement malade qu’elle en mourrait et ce serait à cause de moi. Je ne veux pas lui faire de la peine, mais j’ai 35 ans. Le seul moyen pour moi de quitter la maison, c’est soit dans une robe de mariée, soit dans un cercueil. »

« Et moi alors ? rétorque Sam. Je suis un homme et mes parents continuent de me dire à quelle heure je dois rentrer à la maison. Je ne peux jamais sortir pour faire la fête. Ils m’obligent à rencontrer des femmes pour que je me marie. Impossible que mes parents acceptent le fait que je sois gay. »

« Il fallait agir ! » assure Mouna.

Les deux jeunes Libanais décident donc de se marier. Car il n’y a rien de mieux qu’un mariage de raison pour éviter d’éveiller les soupçons. Mouna et Sam pourront ainsi vivre leur sexualité librement tout en évitant la « jorsa », ou le « scandale ».

C’est ainsi que commence l’histoire de « I Luv U But… » (« Je t’aime, mais… »), une nouvelle série web libano-australienne, diffusée depuis novembre dernier sur YouTube.

 

Avec un style qui mélange brillamment l’humour et le drame, la série, en anglais avec quelques passages d’arabe, compte pour le moment neuf épisodes de trois à quatre minutes chacun. Dans chaque épisode, un nouveau rebondissement et une nouvelle complication dans la vie de ce jeune « couple » : Mouna tente d’éviter le sujet de la grossesse face à l’insistance de sa mère ; Sam échappe au pire lorsque sa belle-mère débarque chez lui à l’improviste, son copain caché dans la chambre à coucher ; Mouna ne se sent toujours pas à l’aise de s’afficher en public avec sa copine costaude…

Comme quoi, la peur du qu’en dira-t-on poursuit les Libanais jusqu’en Australie !

 

Quant au casting de la série, il est principalement formé de jeunes issus de la diaspora libanaise. Mouna est interprétée par Abbey Aziz, développeuse web et graphiste. Sam est interprété par George el-Hindi, acteur professionnel. Mervat Badra, policière dans la vraie vie, joue le rôle de la petite amie de Mouna dans la série.
« Je t’aime, mais… » a été écrite et réalisée par Fadia Abboud, qui passe son temps entre les tournages et le travail communautaire. L’un de ses premiers films s’intitule « I Remember 1948 » (« Je me souviens de 1948 »), une collection d’histoires personnelles de Palestiniens qui ont perdu leur maison lors de la « Nakba ». Elle est également la cofondatrice d’une boîte de nuit gay à Sydney, le « Club Arak », et la codirectrice du Festival du film arabe à Sydney.

 

Sur les réseaux sociaux, la série semble rencontrer un franc succès auprès des internautes. « Il ne fait aucun doute que cette série est importante pour la communauté des gays et lesbiennes arabes, écrit Brian Whitaker sur son blog al-bab.com. (…) Il y a déjà eu des films arabes mettant en scène des personnages homosexuels, mais je crois que c’est la première série à raconter une histoire d’un point de vue entièrement gay. » « Je l’ai instantanément partagée avec mes amis, écrit de son côté le blogueur “Beirut Boy”. Je n’ai pas été aussi content depuis très longtemps. »

Sur la page Facebook de « Je t’aime, mais… », un flot de commentaires encourageants de la part de dizaines d’internautes, dont certains vivant au Liban : « Bravo, c’est très bien fait ! » ; « C’est sexy, c’est authentique, c’est drôle… J’adore ! » ; « J’ai hâte de voir les autres épisodes! »; « J’aime cette série… et il n’y a pas de “mais” ! »

Rashwe.com, pour en finir avec la corruption au Liban

16 Jan

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Avez-vous déjà versé un pot-de-vin pour accélérer une procédure administrative ? Vous est-il arrivé de glisser quelques dollars de plus à un fonctionnaire pour faire avancer une requête auprès d’un ministère quelconque? Votre demande prend-elle du retard parce que vous avez refusé de payer plus ?

Click here to find out more!
Si vous avez répondu « oui » à l’une de ces questions, alors ce site s’adresse à vous. Lancé il y a à peine un mois, Rashwe.com invite toutes les victimes de la corruption au Liban à signaler, en tout anonymat, l’abus qu’elles ont subi. « Ce site vous offre l’opportunité de vider votre sac et de dénoncer la pratique des pots-de-vin au Liban », lit-on sur la page d’accueil de Rashwe.com.
À l’origine de cette idée, un jeune homme : Rabih Sfeir, 35 ans, employé dans le domaine de la finance.
« Le but de cette initiative est de pousser les Libanais à raconter leurs mésaventures liées à la corruption qui touche tous les secteurs au Liban afin de récolter autant de données possibles sur ce sujet », m’explique Rabih. « Le problème, c’est que tout le monde parle de l’étendue de la pratique des pots-de-vin au Liban, alors qu’il n’existe que très peu de statistiques claires et fiables sur ce phénomène », poursuit-il.Comment faire ? Il vous suffit de remplir un formulaire en ligne à partir du site Internet. Les « plaignants » doivent préciser le montant du pot-de-vin versé, le ministère ou l’administration publique concernés, et, optionnellement, les noms des fonctionnaires corrompus. « Le but de cette campagne n’est pas de révéler des noms, mais de dénoncer le système en place qui encourage la pratique de la corruption, précise le jeune homme. Je crois que les fonctionnaires sont eux aussi victimes de ce système, en raison de la négligence du gouvernement et du faible salaire qu’ils touchent. »

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Au final, un rapport « exhaustif » sur la pratique des pots-de-vin au Liban devrait être rendu public fin février, promet Rabih. Pour ce faire, il compte vérifier toutes les plaintes déposées, au cas par cas. Des organisations internationales spécialisées dans la lutte contre la corruption l’ont déjà contacté et se sont dit intéressées par le projet. « Les échos que je reçois sont jusque-là très positifs », affirme le jeune financier.Reste à convaincre les Libanais de participer. « Un vrai défi », selon lui. « Certaines personnes disent craindre de voir leurs données personnelles finir entre les mains des autorités, affirme Rabih. Un homme dont la voiture a été volée et qui a dû verser un pot-de-vin pour accélérer la procédure auprès de la police refuse de remplir le formulaire par peur que le traitement de son dossier ne soit retardé… »

Rabih tient cependant à assurer que les données personnelles de tous les participants resteront confidentielles « à tout moment ». « Je ne suis qu’un simple citoyen qui n’a aucune affiliation politique, affirme le jeune Libanais. Mon but est d’en finir avec la corruption qui gangrène mon pays. » « J’ai déjà lancé une campagne en ligne (sur Facebook et sur Twitter) pour promouvoir le site et je prépare actuellement une nouvelle campagne d’affichage publicitaire pour encourager le plus de participations possible », ajoute-t-il.

Et, pour ceux qui se le demandent : « Les coûts de ces campagnes, c’est moi qui les paie. Personne d’autre. »

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