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Google en mode halal

17 Juil
Halalgoogling

Halalgoogling

 

Les musulmans futés du Web ont désormais la possibilité de naviguer sur la Toile en tout respect de leur religion grâce à un nouveau moteur de recherche lancé il y a à peine une semaine, à l’occasion du début du mois de ramadan.
Baptisé « Halalgoogling », le site est présenté comme étant un moteur de recherche « alternatif » conçu pour filtrer tout contenu « haram » ou interdit dans l’islam.

Selon ses créateurs, un « groupe d’experts internationaux », le nouveau site bloque tout contenu à caractère « pornographique, sexuel ou contraire aux valeurs islamiques ». Toute recherche liée à ces termes produit une liste de liens affinée menant vers des pages présentant des définitions techniques, médicales ou scientifiques.

Se basant sur les moteurs Google et Bing, « Halagoogling » est disponible en onze langues, dont l’arabe, le turc, l’allemand, le français et le chinois.

« Notre mission est de donner la possibilité à tout musulman de naviguer sur le Web en tout halal », écrivent les administrateurs du site sur leur blog. « Tout le monde a le droit de profiter du Web, que ce soit à des fins éducatives ou professionnelles, en parcourant les dernières découvertes scientifiques, littéraires ou autres, ajoutent-ils. Cependant, nous avons également le droit de protéger notre foi et nos valeurs. Nous sommes là pour rendre la navigation compatible avec les principes religieux dans l’islam. »

Conscients de la difficulté de filtrer la recherche d’informations sur Internet, les créateurs de « Halalgoogling » appellent les utilisateurs à dénoncer tout contenu abusif ou contrevenant à la charia ayant été référencé par leur site. « Nous nous excusons d’avance pour toute erreur non intentionnée déjà survenue ou qui risque de survenir à l’avenir », écrivent-ils sur leur blog.

 

halalgoogling

« Halagoogling » n’est pas le premier moteur de recherche du genre. Fin 2009, le site ImHalal.com avait été lancé dans le but d’attirer les « internautes du Moyen-Orient ». En quelques mois, le site avait attiré plus de 10 millions de visiteurs uniques et plus de 70 millions de requêtes y avaient été effectuées. En dépit de ce succès, la formule de ImHalal n’a pas fait recette. Deux ans après son lancement, le site annonce sa fermeture faute de financement…

Dans la même lignée halal, il y a également le site theislamicsearch.com, un moteur de recherche affilié à Google. Le système de filtrage se base sur la recherche en mode « sécurisé » de Google, donnant une plus grande importance aux sites islamiques spécialisés dans son référencement.

Entre Islamic Search et Halalgoogling, les différences sont très vite détectées en effectuant une simple recherche impliquant un contenu « interdit ». Pour « Boire de la bière », par exemple, le premier propose une page de Wikipédia sur la bière sans alcool, ainsi qu’un article de Oumma.com évoquant une fatwa de cheikh al-Azhar autorisant les musulmans à boire de la bière avec modération. Sur Halalgoogling, par contre, la requête est promptement rejetée avec une seule et unique explication : « Pas de résultats trouvés » ou « Vous avez effectué une recherche haram ».

Pourtant, la même recherche effectuée en anglais (avec « Drinking beer ») affiche un nombre de résultats plus élevé, correspondant à des pages comportant la définition du mot « beer », des jeux de bar impliquant de la bière, ainsi qu’un guide touristique sur la ville d’Amsterdam…

Entre les deux versions, c’est à se demander si les créateurs de Halalgoogling pensent que les musulmans francophones ont l’âme plus sensible que leurs coreligionnaires anglophones…

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Iran : non à Google, oui aux sites de rencontres ?

27 Sep

Alors que l’Iran vient de bloquer les services de Google (moteur de recherche et e-mail) dans tout le pays, les autorités viennent d’annoncer la prochaine mise en ligne du premier site de rencontres « national ». Un site web « sérieux » – géré par le gouvernement, bien sûr – où jeunes célibataires iraniens (hommes et femmes) peuvent communiquer uniquement à des fins de mariage.

« Les jeunes se marient et divorcent plus rapidement de nos jours, a récemment dit le ministre de la Jeunesse et des Sports, Mohammad Abbasi, cité par le site conservateur khabaronline.ir. Pour faire face à ce problème, nous devons trouver de nouvelles idées et utiliser tous les moyens pour encourager les mariages à long terme. »

Selon les chiffres officiels, l’âge moyen des jeunes qui se marient a augmenté de cinq à huit ans depuis la révolution islamique de 1979. Il est passé de 25 à 35 ans pour les hommes et de 24 à 30 ans pour les femmes, selon le site d’information iranien IINS, qui précise que le taux de divorce a grimpé de 9 % au cours des dernières années. La capitale iranienne serait la plus touchée par ce « fléau », poursuit le site : « Un mariage sur trois ont été annulés à Téhéran en 2011. » « C’est un développement alarmant », a réagi Shahla Kazemipour, responsable du Centre pour les études démographiques iranien, cité par l’IINS.

De manière générale, l’idée de lancer un site de rencontres pour jeunes célibataires ne devrait choquer personne. Mais dans un pays comme l’Iran, où plus de 5 millions de sites sont surveillés par le gouvernement, une telle annonce ne peut passer inaperçue. D’autant plus qu’elle tombe au moment où les autorités s’apprêtent à mettre en place un Intranet national distinct de l’Internet mondial.

Le régime iranien accuse les Occidentaux d’utiliser la Toile pour mener une « guerre non déclarée » visant à le déstabiliser, et les autorités comptent sur l’« Internet iranien » – officiellement plus rapide et plus sûr – afin de se substituer aux serveurs et moteurs de recherche étrangers.

Par ailleurs, l’annonce du lancement du nouveau site de rencontres pour jeunes iraniens intervient à un moment où l’Iran est accusé de limiter le rôle des femmes dans la société. Samedi dernier, l’organisation internationale pour la défense des droits de l’homme, Human Rights Watch (HRW), a accusé Téhéran d’imposer de nouvelles restrictions aux étudiantes iraniennes, rendant désormais difficile pour elles l’obtention de certains diplômes. Citant un rapport diffusé en août par l’agence Mehr, l’ONG indique que dans plusieurs universités les femmes n’ont plus le droit d’assister à 77 cours, notamment en informatique, génie chimique, administration des affaires et sciences.

De telles restrictions sont vues par certains, en Iran comme à l’étranger, comme une tentative de réduire le nombre de celles qui souhaitent accéder à un enseignement supérieur et de renforcer ainsi la domination patriarcale. Actuellement, environ 60 % des étudiants sont des femmes, rappelle l’Agence France Presse.

Dans une entrevue accordée à la chaîne britannique BBC, la militante iranienne des droits de l’homme Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix 2003, a jugé que cette mesure vise à « empêcher les femmes de jouer un rôle actif dans la société afin de limiter leur occupation au foyer »…

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