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Entre ironie et avertissements, la CIA débarque sur les réseaux sociaux

11 Juin

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Il ne manquait plus qu’elle pour compléter le tableau ! Le Pentagone y maintient une présence depuis plusieurs années déjà, tout comme la Maison-Blanche et les autres institutions gouvernementales américaines. De l’autre côté du spectre, on y retrouve des groupes comme el-Qaëda et affiliés, dont les shebab somaliens et le Front al-Nosra en Syrie, etc.
Vendredi dernier, la très puissante agence américaine de renseignements CIA a annoncé avoir rejoint les réseaux sociaux de Twitter et Facebook. Bien que généralement entourés d’une grande discrétion, les moukhabarate américains ont choisi l’ironie pour faire leur grande entrée sur Twitter : « Nous ne pouvons confirmer ni démentir que c’est notre premier tweet », écrit l’agence. En 90 minutes, plus de 80 000 personnes s’abonnent à leur compte.

Bien sûr, la CIA n’a jamais été bien loin des réseaux sociaux. L’agence, qui s’intéresse depuis un certain temps déjà à Facebook – mais non pas pour retrouver des amis –, posséderait une cellule dédiée à l’espionnage des réseaux sociaux. Dans un communiqué, son directeur John Brennan explique toutefois que la décision d’investir les réseaux sociaux a été prise pour « entamer un dialogue plus direct avec l’opinion publique et fournir des informations sur la mission de l’agence et sur son histoire ». La CIA était d’ailleurs déjà officiellement présente sur Flicker et sur YouTube. « Nous avons des contenus importants à partager, ajoute le patron de l’agence. Nous voulons faire en sorte que le public américain soit plus au courant de nos informations déclassifiées, conformément à notre mission de sécurité nationale. »
Dans son second tweet – le dernier en date d’ailleurs –, la CIA écrit : « Merci pour vos messages de bienvenue sur @Twitter ! Nous avons hâte de partager avec vous des informations déclassifiées fort intéressantes. »

Mais Twitter étant ce qu’il est, permettant la communication directe entre internautes de tous bords, il n’était qu’une question de temps avant que la CIA ne soit bombardée de messages absurdes et/ou drôles. Comme celui de @Wikileaks qui annonce à l’agence avoir hâte de partager des informations classifiées sur l’institution ou encore celui du blogueur Karl Sharro qui s’adresse dans un même tweet à la CIA et au Front al-Nosra en espérant les mettre en contact. « J’espère que ce n’est pas trop maladroit », ironise-t-il.

Sur Facebook, l’agence adopte un ton de loin plus sérieux (et quelque peu menaçant ! ). Avec une photo de son siège en Virginie, la CIA met en garde dans un de ses statuts contre la diffusion sur sa page de tout propos vulgaire ou image offensante : « Nous ne tolérerons pas les commentaires injurieux, haineux ou diffamatoires (…). Ne publiez aucun contenu considéré comme étant classifié ou sensible, ou qui pourrait porter atteinte à un individu ou à une organisation. Ne publiez aucune publicité (…), ni des images ou photos soumises à des droits d’auteur. (…) Les contenus représentant des activités criminelles ainsi que les menaces seront transmis aux autorités judiciaires appropriées. »

Un bon conseil : trolls, abstenez-vous ! On ne plaisante pas avec le renseignement américain. Pas sur sa page Facebook du moins…

« Policiers » anticonfessionnels sur Facebook

20 Mar

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« Le pays est au bord de l’abîme », « La guerre va se déplacer chez nous », « La situation va exploser d’une minute à l’autre »… Les mêmes expressions reviennent à chaque fois qu’un incident à caractère confessionnel survient au Liban. Le fait qu’un conflit de grande envergure n’ait pas encore éclaté dans les rues de Saïda, de Tripoli ou de Beyrouth relève du miracle, diront même certains. Un miracle qui n’a toutefois pas été possible sur les réseaux sociaux, où la guerre entre internautes bat son plein.
La situation, déjà grave depuis plusieurs années, a encore empiré dimanche dernier suite aux agressions qui ont visé quatre religieux sunnites dans des quartiers à majorité chiite de la capitale libanaise. De ce fait, propos haineux, sectaires et racistes se sont propagés comme une traînée de poudre sur Facebook. Et au lieu de jouer le rôle de modérateurs, les administrateurs de certaines pages, se présentant comme affiliés à tel ou tel groupe politique, ont, au contraire, jeté de l’huile sur le feu. Utilisant souvent un pseudonyme et arborant en photos de profil des portraits de personnalités politiques ou religieuses connues, les créateurs de ces pages ont encouragé leurs milliers d’« admirateurs » à propager leurs discours provocateurs. Résultat : un combat d’insultes de gros calibre sur Internet…

Face à cette réalité de plus en plus inquiétante, un groupe de jeunes militants libanais décide de passer à l’action. Le groupe lance la page « Activists Against Sectarianism » (Activistes contre le confessionnalisme) sur Facebook, invitant les internautes libanais à signaler les contenus racistes et haineux sur le réseau.
Interrogé par L’Orient-Le Jour, l’un des créateurs de cette page affirme que l’idée lui trottait dans la tête depuis longtemps, mais que la nécessité de combattre le confessionnalisme sur Facebook est devenue plus pressante après les incidents de dimanche soir à Beyrouth. « J’avais peur d’être accusé de porter atteinte à la liberté d’expression en poussant Facebook à éliminer certains contenus, même s’ils sont à caractère confessionnel », confie le militant pour la défense des droits de l’homme. « Mais la liberté d’expression ne peut justifier les appels à la violence et les discours discriminatoires, explique-t-il. Les propos racistes qui se propagent sur les réseaux sociaux alimentent les tensions confessionnelles sur le terrain et nous ne pouvons tout simplement pas rester les bras croisés. » « Nous souhaitons éliminer les discours haineux sur Facebook pour donner plus d’espace à la voix de la raison », poursuit-il.

Comment ça fonctionne exactement ? « Les grands maux exigent de grands moyens », explique le militant qui affirme que son groupe a déjà mobilisé une dizaine de « policiers » virtuels pour surveiller le contenu des pages jugées racistes ou discriminatoires. « Un badge conçu spécifiquement pour cette tâche sera visible sur le profil de ces policiers sur Facebook pour aider les internautes à les reconnaître, dit-il. Les internautes sont invités à leur envoyer les liens vers les pages qu’ils jugent offensives et dont le contenu sera ultérieurement examiné. » « Si les accusations s’avèrent exactes, nous lancerons une campagne pour inciter les Libanais à signaler ces pages en masse afin de pousser Facebook à les éliminer, puisqu’elles violent la réglementation du réseau », poursuit-il.

« Nous avons choisi le terme “policier” pour mettre en évidence le rôle des membres de notre groupe », explique encore l’activiste, connu pour ses positions critiques à l’égard des mouvements du 14 et du 8 Mars. « Nous ne représentons évidemment pas une vraie autorité policière et nous ne sommes en aucun cas affiliés à Facebook, tient-il encore à préciser. Notre but est de sensibiliser les Libanais sur la nécessité de combattre le confessionnalisme rampant sur Internet. »

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Le militant affirme par ailleurs qu’aucun avertissement ne sera envoyé aux administrateurs des pages « suspectes ». « Si les administrateurs de ces pages possédaient le moindre sens de la responsabilité, ils n’auraient pas approuvé la diffusion de messages haineux en premier lieu. De plus, il existe de bonnes raisons de croire que certains de ces administrateurs sont payés pour faire le travail qu’ils font. »

En moins de 24 heures, le groupe a réussi à éliminer deux pages qui ont diffusé des propos confessionnels dimanche soir, à savoir « Les fantômes de Dahiyeh » et « Les nouvelles de Tarik Jdidé ». Mais à peine ont-ils été « censurés » par Facebook que les administrateurs de ces pages ont immédiatement créé un nouveau compte, ressuscitant ainsi leurs pages comme si de rien n’était… « Nous continuerons à les surveiller, assure le militant. La guerre n’est pas encore finie… »

(Article publié dans l’édition du 20 mars dans L’Orient-Le Jour)

Depuis l’espace, il raconte sa vie sur Twitter

13 Fév
Chris Hadfield

Chris Hadfield

Comment un astronaute, embarqué depuis plusieurs mois dans une station spatiale qui gravite en orbite à 400 km de la planète, a-t-il réussi à devenir une star sensationnelle sur le Web ?
Avec sa jeunesse d’esprit, ses talents multiples et son goût pour les réseaux sociaux, il n’a pas fallu beaucoup d’effort à Chris Hadfield pour séduire le cœur des Terriens.

Depuis la Station spatiale internationale (ISS), où il est en mission de décembre 2012 à mai 2013, le commandant canadien raconte les détails passionnants de sa vie d’astronaute sur ses comptes Twitter, Facebook et YouTube.

« Voici de l'eau en impesanteur. Cette image est amusante à regarder, peu importe dans quel sens on la place ». (Photo Chris Hadfield/NASA)

« Voici de l’eau en impesanteur. Cette image est amusante à regarder, peu importe dans quel sens on la place ». (Photo Chris Hadfield/NASA)

Avec ses quelque 400 000 admirateurs, il partage ses passe-temps préférés sur le Web : enregistrer le son ambiant de l’espace, filmer des objets flottant dans la station, échanger des tweets avec des internautes, dont des célébrités, comme l’acteur William Shatner, le capitaine Kirk de la série télévisée Star Trek…
« Vous twittez depuis l’espace ? » lui a demandé ce dernier. « Orbite standard, capitaine. Et nous détectons des signes de vie à la surface », a répondu le commandant Hadfield, visiblement inspiré du classique télévisé.

Mais l’activité favorite du commandant canadien qui a fait de lui la star qu’il est aujourd’hui reste sans conteste la série de photographies de la Terre vue depuis son hublot : des constellations de lumière de grandes villes la nuit, des terres agricoles recouvertes de neige en forme d’échiquier, des courants tourbillonnants dans le fond d’un océan, l’impact d’une météorite dans le désert africain… De merveilleux tableaux naturels « hors de ce monde » !

« Les humains ont besoin de lignes droites, mais pas la nature ». (Photo Chris Hadfield/NASA)

« Les humains ont besoin de lignes droites, mais pas la nature ». (Photo Chris Hadfield/NASA)

« Les frontières sont généralement invisibles depuis l'espace, mais celle séparant l'Egypte d'Israël ne l'est pas. »(Photo Chris Hadfield/NASA)

« Les frontières sont généralement invisibles depuis l’espace, mais celle séparant l’Egypte d’Israël ne l’est pas. »
(Photo Chris Hadfield/NASA)

Une rivière en forme de "S" quelque part en Amérique du Sud. (Photo Chris Hadfield/NASA)

Une rivière en forme de « S » quelque part en Amérique du Sud. (Photo Chris Hadfield/NASA)

« La Terre a un problème d'acné : l'un a éclaté, l'autre pas. » (Photo Chris Hadfield/NASA)

« La Terre a un problème d’acné : l’un a éclaté, l’autre pas. » (Photo Chris Hadfield/NASA)

« Shanghai, en Chine. 23 millions d'habitants. » (Photo Chris Hadfield/NASA)

« Shanghai, en Chine. 23 millions d’habitants. » (Photo Chris Hadfield/NASA)

Autre passe-temps favori de l’astronaute multitalentueux : la musique. La veille de Noël, Chris Hadfield devient le premier homme à avoir écrit, chanté et enregistré une chanson depuis l’espace. Dans Jewel in the Night, il évoque la beauté de la Terre, la nuit. Commentant son clip, qui a été visionné plus de 90 000 fois sur YouTube, l’astronaute-chanteur explique que le bourdonnement en bruit de fond est celui des ventilateurs de la station.

Lundi dernier, le commandant hausse la barre encore une fois et devient le premier astronaute à avoir participé à un duo en direct entre l’espace et la Terre. La chanson (logiquement) appelée I.S.S. (« Is Someone Singing ») a été coécrite avec Ed Robertson, chanteur du groupe Barenaked Ladies et un « ami de longue date ». Elle a été enregistrée et diffusée alors que Chris Hadfield se trouvait à bord de la station spatiale parcourant le cosmos à 28 200 km/h, tandis que Robertson chantait les pieds sur terre, depuis un studio à Toronto.

Un premier album produit de l’espace est actuellement en cours de préparation. L’astronaute compte y inclure une série de chansons qu’il a écrites lui-même pendant son séjour à bord du vaste laboratoire scientifique orbital. Avant d’embarquer pour sa mission de six mois, il avait indiqué au site « Universe Today » qu’il envisageait de chanter le plus possible à bord de la station spatiale.

En mars 2013, le commandant Hadfield prendra la barre de la station pendant les trois derniers mois de son séjour. Il deviendra ainsi le premier Canadien à prendre les commandes de l’ISS et dirigera un équipage composé de deux Américains et de trois Russes.

Une vraie étoile montante…

L’art de mendier des « likes » sur Facebook

23 Jan

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Quel est le véritable « pouvoir » du bouton « like » (ou « j’aime » ) sur Facebook ?
Si certains experts des médias sociaux jugent qu’il est exagéré, d’autres estiment qu’il est d’une grande importance pour les entreprises qui veulent cibler leurs annonces publicitaires sur le réseau.

Dans un rapport publié l’année dernière, Facebook assure que le « like » est « le moyen le plus simple et le plus puissant pour créer une expérience sociale riche sur Internet ». Il permet aux entreprises de « construire des connexions durables » avec leurs clients existants et « de créer de nouvelles sources de trafic vers les sites Internet ».

Mais ce qui a commencé comme une tactique de marketing ciblée sur Facebook s’est transformé en un « jeu » pour de nombreux internautes, le but étant de créer du buzz en générant le plus de « likes », de commentaires et de partages possible…
Il ne s’agit pas ici de dizaines ou de centaines de « likes » d’amis proches ou de connaissances sur Facebook, mais de milliers, des centaines de milliers, voir un million ou plus de clics d’à travers le monde !

Dan Zarrella est un spécialiste du Web qui a étudié plus de 1,3 million de posts tirés des 10 000 pages les plus populaires sur Facebook. Selon lui, ce sont les photos qui sont le plus susceptibles de générer des « likes ». « Sur Facebook, c’est le contenu visuel qui marche le plus, dit-il dans une entrevue accordée au site “Mashable”. L’important est qu’il ne soit pas neutre. Le contenu doit être personnalisé et susciter de l’émotion, peu importe qu’elle soit positive ou négative. »

Pour devenir populaire donc, une image doit être à la fois drôle, insolite et touchante.
C’est le cas de la photo postée en novembre dernier par la famille Urbano du Massachusetts aux États-Unis. Réticent à adopter un animal, Dan Urbano a proposé un pari à ses deux enfants qui le suppliaient d’acheter un chat. Ils pourront en avoir un seulement s’ils parviennent à récolter 1 000 « likes » sur Facebook. Une mission impossible selon le papa.

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En moins d’une semaine pourtant, la photo de Remi, 7 ans, et de sa sœur Evelyn, un an, implorant les internautes de cliquer sur « j’aime » a compté plus de 130 000 clics.

Dans un registre moins innocent, le jeune Norvégien Petter Kverneng affirme avoir convaincu sa copine Catherine de coucher avec lui s’il arrive à recueillir un million de « likes » sur Facebook. Pour ce faire, il publie une photo de lui-même avec Catherine brandissant un panneau invitant les internautes à cliquer sur le fameux bouton bleu. Résultat : plus de 1 378 000 « likes » en 5 jours !

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« C’était supposé être une blague », affirme Petter à un journal local. Selon lui, la jeune femme « va tenir sa promesse ». Il confie toutefois craindre la réaction de son père lorsqu’il découvrira ses intentions…

Mais il n’y a pas que le rire qui fait du buzz sur le Web. Les histoires de vies brisées sont tout aussi « virales »…
Dernier exemple en date, la photo d’un enfant syrien gelant de froid, endormi sur un tapis de neige dans un camp de réfugiés dans la vallée de la Békaa, au Liban.

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Selon la chaîne panarabe al-Arabiya, l’image de cet enfant a provoqué « une tempête » sur les réseaux sociaux, recueillant des centaines de milliers de « j’aime »…

Facebook, à quand un bouton « j’aime pas » ?

Mon prophète Mohammad

19 Sep

« USA, nous sommes désolés, nous sommes tristes ». Une photo publiée sur la page Facebook « The Sorry Project », lancée par des Libyens en réaction à la mort de l’ambassadeur américain à Benghazi, Christopher Stevens.

L’islam n’est pas synonyme de terrorisme. Le prophète Mohammad préconisait la paix et la tolérance. Et les hommes furieux qui manifestent avec une violence exceptionnellement meurtrière contre le film islamophobe L’innocence des musulmans ne sont certainement pas représentatifs de toute la nation islamique.

Autant de messages que de jeunes cybermusulmans veulent faire passer au reste du monde à travers une série d’initiatives lancées récemment sur les réseaux sociaux.

C’est dans cet esprit qu’est né le « hashtag » #MyProphetMohammad (Mon prophète Mohammad) sur Twitter. Une campagne aussi bien dirigée contre les auteurs et réalisateurs du film dénigrant le prophète que contre les manifestants qui, selon plusieurs internautes, contribuent à la « dégradation » de l’image de l’islam.
Lancé jeudi dernier par Sohaib al-Zouriq (@MrSohaibE), un jeune internaute saoudien, le « hashtag » a ensuite été repris par plusieurs centaines de personnes. « Mon prophète Mohammad a été battu, ridiculisé et forcé de quitté sa ville natale ! Et lorsqu’il y est revenu victorieux, il leur a tous pardonné », écrit le blogueur koweïtien Khaled Abdulghafour (@3kta3) dans un tweet qui a été partagé près de 2 200 fois. « Mon prophète Mohammad ne nous aurait jamais demandé de le défendre par la violence », affirme de son côté la Saoudienne Sarraa’ (@SarraaNotSara). « Mon prophète Mohammad a dit : “Tous les hommes sont égaux, peu importe leur origine, race ou nationalité” », twitte pour sa part le Koweïtien Abdallah Mutairi (@Eng_A_ALMutairi).

 

En Libye, une initiative similaire, mais d’un autre genre, a été lancée sur Facebook. Il s’agit du « Sorry Project », une page dédiée à l’ambassadeur américain Christopher Stevens, tué par des manifestants en colère qui ont incendié le consulat US à Benghazi le 11 septembre. Sur cette page, qui a attiré plus de 4 000 personnes en moins d’une semaine, des Libyens diffusent des messages d’excuses et d’amour au diplomate assassiné ainsi qu’aux « braves Libyens qui ont été tués en défendant le consulat américain ». « Nous voulons montrer que la majorité du peuple libyen s’oppose aux actes criminels et violents », lit-on dans l’introduction de « The Sorry Project ». « Nous nous excusons un millier de fois aux Américains, poursuit le texte. Ces excuses ne suffiront pas, mais sachez que le peuple libyen vous sera à jamais reconnaissant parce que vous avez été les premiers à le soutenir dans sa lutte pour la liberté. Nous espérons que vous continuerez à nous soutenir. »

Des Libyens rendant hommage à l’ambassadeur tué. (via The Sorry Project)

En Syrie, le ton est plutôt à la critique, plusieurs internautes n’hésitant pas à réprimander les manifestants antiaméricains pour ne pas s’être indignés avec autant de ferveur face aux massacres perpétrés par le régime de Bachar el-Assad depuis plus de 18 mois.
« Le but du film anti-islam est de nuire à l’image des musulmans et de détourner l’attention de la Syrie », twitte Abu Mohammad (@lisanmubin), un activiste syrien. « Les arabes et les musulmans doivent comprendre qu’ils nuisent à la révolution syrienne en poursuivant leurs manifestations contre le film islamophobe », ajoute-t-il.
« Les Syriens appellent à la production d’un film islamophobe en Syrie pour que les peuples du monde entier prêtent attention à leur crise », ironise de son côté @JadBantha. Un compte parodiant le président Assad va dans le même sens : « Wow ! Heureusement que j’ai uniquement bombardé des mosquées et tué des femmes et des enfants et pas fait un film islamophobe. Les gens m’auraient poursuivi ! » Son tweet a été partagé 769 fois…

Une image de manifestants à Kfarnabel, en Syrie, largement partagée sur Twitter. (via @ZainSyr)

 

Le ramadan à l’heure d’Internet

25 Juil

Outre le caractère sacré que représente ce mois pour les musulmans, le ramadan est également synonyme de divertissement. Du temps de nos grands-parents, le moyen de divertissement le plus courant était de passer ses nuits à écouter les histoires fantastiques du « hakawati » (ou conteur) du quartier.
Ensuite vinrent la télévision et les fameux « mousalsalat » qui rythment les journées entières des millions d’amateurs de séries télévisées arabes du monde entier pendant tout le mois de jeûne.

De nos jours, le ramadan s’est mis à l’heure du virtuel avec des blogs, des vidéos et des photos diffusés en grand nombre, toutes les minutes, sur les réseaux sociaux. En ce ramadan 2012, voici une sélection de liens « ramadanesques » à découvrir en tout moment, avant et/ou après l’iftar.

 « Les 30 jours du ramadan » en un blog
Il y a trois ramadans, le comédien américain Aman Ali et son ami photographe Bassam Tareq s’étaient engagés à visiter une mosquée tous les jours pendant tout le mois sacré et de partager leur expérience sur un blog baptisé « 30 mosques ». Cette année, les deux blogueurs ont décidé d’ouvrir les pages de leur site aux fidèles du monde entier, les invitant à partager leurs histoires. « Tout ce que vous diffuserez sur Twitter, Instagram et Facebook avec le hashtag #30Days sera exploité sur notre blog, écrivent Aman et Bassam sur leur site. Maintenant, vous pouvez découvrir comment des jeunes du Danemark, d’Indonésie ou même du village de Mulletville, au États-Unis, passent leur ramadan. »
Quatre jours après son lancement, « Les 30 jours du ramadan » affiche déjà plus de 250 tweets, photos et vidéos du monde entier…
Lien Web : 30daysramadan.com

La série « Be7ke ? »
« Be7ke ? », ou « Je peux parler ? » en arabe, est une série Web produite au Liban destinée aux jeunes musulmans et Arabes pendant le ramadan. Tous les jours, les internautes sont invités à découvrir une nouvelle vidéo de trois minutes dans laquelle des activistes de la société civile présentent une idée, une histoire ou une initiative marquante. « C’est un projet indépendant qui vise à inspirer les jeunes qui luttent contre les stéréotypes et la fausse représentation (de l’islam) », écrivent les créateurs de la série sur leur page Facebook. Parmi les personnes invitées à s’exprimer devant la caméra de « Be7ke ? », une jeune designer de voiles « prêt-à-porter », une musulmane qui partage son expérience avec le christianisme, etc.
À découvrir sur le site : be7ke.com

Ramadan, une chaîne YouTube
Vous avez raté un épisode de votre série télévisée préférée durant ce ramadan ? Vous n’arrivez pas à suivre plusieurs séries en même temps ? Pas de problème, Google vous permet de regarder vos « mousalsalat » préférés quand vous le voulez et où vous le souhaitez. Le géant du Net vient, en effet, de lancer une chaîne YouTube, baptisée « Ramadan », diffusant les épisodes de plus de 50 séries télévisées pendant tout le mois de ramadan.
Toujours à l’initiative de Google, une autre chaîne YouTube propose aux fidèles musulmans de suivre en direct les prières de La Mecque, en Arabie saoudite. « Des millions de personnes à travers le monde pourront vivre cette expérience en se connectant à cette chaîne », affirment les responsables de Google sur le blog de la compagnie.
Lien Web : youtube.com/ramadan

Ci-dessous, un episode de “Fe-male Show”, une série égyptienne qui évoque les problèmes sociaux entre hommes et femmes arabes de manière humoristique.

Le mois de jeûne en photos…
« Capturer l’esprit de ramadan en une seule photo » est le thème d’une compétition internationale lancée par Basel Almisshal, un jeune photographe et architecte palestinien vivant en Grande-Bretagne. « Nous sommes très actifs sur les réseaux sociaux afin d’attirer une audience diversifiée et créer une vraie plateforme où les photographes peuvent partager leur travail », écrit Basel sur la page Facebook de l’événement. L’année dernière, l’initiative avait attiré plus de 25 000 photographes professionnels et amateurs du monde entier, selon les organisateurs. Les photos seront jugées selon leur impact, leur message, leur originalité, leur qualité artistique ainsi que la technique utilisée.
Lien Web : capturethespiritoframadan.org

…et sur Twitter
Le flot de tweets augmente de manière considérable pendant le mois de ramadan. C’est ce que révèle un rapport publié récemment par The Online Project, une agence basée à Amman, Dubaï et Riyad, spécialisée dans les nouveaux médias. Selon ce rapport, le meilleur moment de twitter en ces jours sacrés serait à ventre plein, après l’iftar, entre 21h et minuit…

Ramadan moubarak !

Internautes libanais, Israël vous suit… de près

11 Juil

Les réseaux sociaux, nouvel outil de renseignement ? Pourquoi pas ?
À l’ère de Facebook, Twitter et YouTube, il est désormais plus facile de se faire une idée de l’opinion publique d’un peuple donné, à un moment donné, que d’ouvrir la porte de son frigo…

Et dans un pays comme le Liban, où le déballage public est (presque) un sport national, il ne faut pas s’étonner d’apprendre que les internautes sont suivis de près par un éventail de chercheurs, observateurs et services de renseignements du monde entier, israéliens en premier.

À quoi pourraient-ils bien s’intéresser ? Qui suivent-ils ? Qu’en pensent-ils ?

INSS, un think-tank israélien spécialisé dans les études relatives à la sécurité nationale de l’État hébreu, a surveillé les commentaires, conversations et « statuts » des internautes libanais sur les nouveaux médias. L’institut rattaché à l’université de Tel-Aviv vient de publier ses observations dans un rapport intitulé « Trends in Lebanon : Lebanese Discourse on the Social Networks » (Tendances au Liban : le discours des Libanais sur les réseaux sociaux). En voici les principaux points :

Informations générales :
– La majorité des 10 % de la population libanaise qui utilisent les réseaux sociaux s’identifie avec le camp du 14 Mars.
– La plupart de ces internautes sont sunnites, mais englobent également un bon nombre de chrétiens.
– La participation des chiites et des druzes a augmenté depuis le déclenchement des révoltes populaires dans la région.

Hommes politiques :
– Certaines personnalités politiques, dont le Premier ministre Nagib Mikati et son prédécesseur Saad Hariri, sont particulièrement actifs sur le Net. Ils utilisent les nouveaux médias pour envoyer des messages, exprimer des opinions et communiquer avec un public jeune.
– Bien que Nagib Mikati ait adopté une politique de neutralité, le Premier ministre n’est pas perçu comme étant un homme fort et charismatique capable de diriger le pays en temps de crise.

Craintes sécuritaires :
– Les discours sur les réseaux sociaux reflètent une crainte grandissante concernant les tensions intercommunautaires au Liban.
– Il y a de plus en plus d’informations faisant état d’énormes quantités d’armes destinées à différentes « milices » libanaises en provenance d’Iran, de la Turquie, de la Syrie, de l’Arabie saoudite et du Qatar.
– Le sentiment qui prévaut est, qu’à ce rythme, le Liban ressemble à une poudrière qui risque d’exploser à tout moment.
– Le débat sur la nécessité de désarmer le Hezbollah, ainsi que les « milices » sunnites et palestiniennes, prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux.

Mécontentement chiite :
– Depuis que le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah a ouvertement soutenu le régime syrien de Bachar el-Assad, un nombre grandissant de journalistes chiites critiquent le dirigeant du Hezb.
– Des internautes chiites libanais ont exprimé leur frustration en raison du soutien politique de Hassan Nasrallah à Assad.
– Des chiites de la banlieue sud se disent insatisfaits du niveau sécuritaire dans leurs quartiers et ont envoyé des messages à Nagib Mikati lui demandant une plus grande implication de l’État dans la région.

Le rapport israélien indique, en conclusion, que « le Liban fait relativement plus de progrès que le reste des pays arabes ». Toujours selon le texte, les jeunes Libanais préfèrent s’attaquer aux problèmes sociaux, comme les droits de la femme, la justice sociale, les crises énergétiques et le chômage, « plutôt que de faire la guerre des autres »…

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