Tag Archives: Etats-Unis

Vous voulez une photo d’Irak ? Tenez !

13 Juil

Un soldat américain en poste en Irak veut en finir avec le harcèlement de sa famille qui lui réclame sans cesse des photos de son pays hôte.

Il leur envoie celle-là…et tout le monde lui fiche la paix depuis…

Publicités

Un million de hijabs contre la haine

18 Avr

Des femmes de cutures différentes ont posé portant le voile pour Shaima Alawadi.

Après le choc, la solidarité. Moins d’un mois après le meurtre brutal de Shaima Alawadi, l’histoire de cette Américaine d’origine irakienne continue de susciter l’émoi aux États-Unis… et bien au-delà. La jeune femme de 32 ans, mère de cinq enfants, a fui l’Irak au milieu des années 90 pour échapper à la répression antichiite menée par le régime de Saddam Hussein. Elle s’était installée depuis en Californie, aux États-Unis. Le 21 mars dernier, sa fille de 17 ans a retrouvé son corps sans vie, gisant dans la salle de séjour de sa maison à El Cajon. Elle était noyée dans son sang. Un message sinistre a été laissé près de son corps : « Rentrez chez vous, terroristes. »

Crime d’honneur ou agression xénophobe ? L’enquête de la police, est toujours en cours, mais sur Internet, le verdict est d’ores et déjà tombé : Shaima, qui portait le voile, a été victime d’une agression raciste.

Sur Facebook, les pages de solidarité avec la famille de Shaima se multiplient, attirant des visiteurs du monde entier. L’une des plus populaires est celle intitulée : « Un million de hijabs pour Shaima Alawadi ». Une page qui invite les femmes internautes, toutes confessions confondues (chrétiennes, musulmanes, juives, bouddhistes, etc.), à poster des photos d’elles-mêmes portant le voile. « Nous ne savons pas pourquoi Shaima est morte, mais nous savons comment elle a vécu : une cible facile, victime de l’ignorance. Et elle n’est pas la seule…, lit-on sur la page en question. Il faut mettre une fin à la discrimination, c’est pourquoi nous avons commencé cette chaîne d’amour. Nous sommes toutes Shaima Alawadi ! »
La page, qui a attiré près de 17 000 membres en moins d’un mois, a également eu des échos de l’autre côté de l’Atlantique, où l’islamophobie gagne de plus en plus du terrain, notamment en France.

De nouvelles photos, accompagnées d’un message de solidarité, y sont postées tous les jours. En voici une sélection :

Eliana (États-Unis) :

« Personne ne doit se sentir discriminé en raison de sa religion. Je suis une mormone, j’ai une tante qui est musulmane. Il y a aussi des athées dans ma famille. Mon grand-père est catholique, il croit en Dieu, mais ne va pas à l’église. Et devinez quoi ? On s’entend tous superbien. Vous voulez savoir pourquoi ? Parce que la croyance ne nous divise pas, au contraire. »

 

Tallie (Canada) n’est pas musulmane, mais elle a décidé de porter le hijab pendant tout le mois d’avril en signe de soutien à Shaima. Elle raconte son expérience sur son blog : iamtallulah.com

« D’habitude, je me cache derrière ma grande chevelure et ma frange. Maintenant, avec le voile, mon visage est complètement découvert et je me sens... exposée. C’est très intéressant, étant donné que beaucoup de gens disent que les femmes voilées se cachent derrière leur hijab, alors que c’est le contraire. Sans ma frange, je n’ai plus rien pour cacher mon visage et je me sens plus exposée que jamais. »

 

Lauralyn (États-Unis) :

« Je suis une enseignante à Detroit et je porte le voile depuisune semaine comme un symbole contre la discrimination. Les messages encourageants que j’ai reçus de mes élèves et de ma communauté sont très émouvants. Je me suis sentie profondément respectée et libérée même. Le hijab m’a permis de différencier ceux qui sont intéressés par mon apparence de ceux qui ont réellement envie de connaître ma personnalité. C’est très révélateur. (...) Je suis Shaima Alawadi parce que je suis une mère, une amie, une fille et une enfant de Dieu. »

 

Liza (États-Unis) :

« Je suis une lesbienne presbytérienne mariée à une femme depuis neuf ans. J’ai un fils et une fille. Je porte ce hijab comme un symbole parce que je crois qu’en tant qu’humains, nous devons être tolérants et respectueux. Nous devons dénoncer la haine, la peur, l’ignorance et la violence. »

 

Patricia (États-Unis) :

« Je ne pratique aucune religion, mais je porte le hijab en solidarité avec Shaima. Peu importe ta religion, ta couleur, ton affiliation politique, ton orientation sexuelle, ta nationalité (...) Tu es la bienvenue chez moi. Si tu frappes à ma porte, je te sourirai et je te traiterai comme j’aimerais être traitée par les autres... avec respect, gentillesse, compréhension et amitié. »

 

Liliane (Brésil) :

« Je suis catholique et je respecte toutes les religions. Beaucoup trop de personnes sont victimes de discrimination et de peur. Moi aussi je suis Shaima Alawadi. »

 

Ismahène (France) :

« Je suis française et musulmane, et c’est très difficile d’être les deux à la fois dans un pays comme la France... Les médias ne parlent pas de ce qui est arrivé à Shaima Alawadi aux États-Unis parce qu’ils veulent que les gens croient que les musulmans ne sont jamais des victimes, mais seulement des terroristes. Un vrai musulman respecte toutes les religions et toutes les origines... Que Dieu soit avec toi Shaima. »

Obama, la « cool » attitude

28 Mar

En 2008, il était le candidat du « changement » et de « l’espoir » pour les Américains. En 2012, il joue la carte du président « cool », détendu, moderne…

Alors que les républicains se déchirent en pleine campagne présidentielle, Barack Obama, lui, peaufine son image de star, sur Internet et en live. En plus de son charisme, de son sens de l’humour et de ses habiletés politiques, le président de la première puissance mondiale mise surtout sur sa qualité d’homme « ordinaire ». Un homme qui, comme 52 % des Américains, possède un compte sur Facebook. Un homme branché qui blogue, souhaite une « bonne Saint-Valentin » à sa femme sur Twitter, partage sa playlist musicale sur Spotify, publie ses photos sur Instagram, diffuse une vidéo de lui-même jouant avec un canon à marshmallows

Une stratégie si bien ancrée dans les réseaux sociaux que chaque geste du 44e président des États-Unis, spontané soit-il ou très bien calculé, devient un buzz immédiat sur le Net.

Le dernier exemple en date, une vidéo du président Obama au cours d’une visite au Prince George Community College de la ville de Largo, dans le Maryland, le 15 mars. Stephon, un jeune sourd-muet de 26 ans, était à deux pas de Barack Obama qui était occupé à saluer la foule venue le voir. Lorsque le président le regarde enfin, Stephon lui confie en langage des signes : « Je suis fier de vous. » Sans hésitation, instinctivement presque, Obama le remercie… dans le même langage. « C’est un de ces moments qui humanisent la présidence des États-Unis », écrit le site Distriction.com qui a rapporté l’histoire.

Le même jour, Stephon diffuse une vidéo dans laquelle il détaille avec émotion la scène qu’il « n’oubliera jamais ». « Je regrette de n’avoir pas réussi à mieux filmer ma rencontre avec Obama. (…) Je n’arrive pas à croire qu’il ait compris ce que je lui ai dit en langage des signes ! Juste après m’avoir remercié, il a souri à une femme, également sourde, qui lui a dit “Je vous aime”. Lorsqu’il m’a serré la main, je n’ai pas senti qu’il était quelqu’un de supérieur à moi. Il était très humble. Je suis vraiment très impressionné par lui et je suis sûr qu’il sera réélu. Ouais, je me sens plus en sécurité en l’ayant (comme président) pour un nouveau mandat. »

De loin plus « cool » que George W. Bush qui s’est essuyé les mains sur la chemise de Bill Clinton après avoir salué des survivants du séisme à Haïti, lors d’une tournée que les deux ex-présidents ont effectuée dans ce pays en mars 2010.

En février, une autre scène de Barack Obama tournait en boucle sur Internet, celle du président chantant « Sweet Home Chicago » aux côtés de Mick Jagger et des guitaristes B.B. King et Buddy Guy. C’était lors d’un concert organisé à l’occasion du « Black History Month », le mois commémorant les contributions de la communauté noire à l’histoire et à la culture américaines.
Il s’agit de la deuxième incursion musicale en un mois pour M. Obama qui, le 20 janvier à New York, avait entonné le langoureux tube « soul » d’Al Green Let’s Stay Together au théâtre Apollo d’Harlem où il participait à une réunion électorale en vue de la présidentielle du 6 novembre.

Un président "détendu"...

Il n’y a évidemment pas que les vidéos d’Obama qui font le tour du Web. Des photos de lui, des plus sérieuses aux plus décalées, diffusées par son équipe sur Flickr, sont abondamment partagées sur les réseaux sociaux. Qu’il soit entouré des plus hauts responsables sécuritaires dans la « Situation Room » pour prendre la décision à haut risque de tuer Oussama Ben Laden au Pakistan ou qu’il soit en train de jouer avec un ballon de rugby, seul, dans son bureau, ou bien grignotant une tortilla avec sa femme Michelle, dans un ascenseur, ou encore saluant poing à poing, à la manière des rappeurs, un technicien de surface à la Maison-Blanche… toutes les photos sont à prendre.

Mais pour être vraiment « cool », il faut aussi savoir s’entourer de gens « cool ». Chose que Barack Obama semble avoir bien comprise. C’est en tout cas ce qu’on peut déduire du choix de son candidat surprise à la tête Banque mondiale : un rappeur futuriste répondant au nom de Jim Yong-kim.
Né à Séoul en 1959, Jim Yong-kim a été le premier Américain-Asiatique à prendre la tête d’un établissement de l’Ivy League, l’élite des universités américaines, en devenant président de l’université Dartmouth en 2009. C’est également un spécialiste des problèmes de santé publique. En 2011, il avait été filmé lors d’un spectacle étudiant, portant une veste de cuir blanche et chantant un rap des plus convaincants.

Extrait de la vidéo qui fait aujourd’hui les délices des internautes :

Le blog d’un diplomate syrien à Washington… euh pardon, à Pékin

7 Mar

Ambassadeur, blogueur, grand amateur de l’art…parmi tous ces titres, Imad Moustapha préfère celui de blogueur. C’est ce qu’il a souvent répété aux médias américains, pendant les neuf dernières années durant lesquelles il a servi comme ambassadeur syrien à Washington. Ironique comme déclaration pour le représentant de l’un des pays les plus redoutables en matière de censure sur le Net. Depuis le début des révoltes en Tunisie et en Égypte, des dizaines de blogueurs syriens ont été jetés en prison pour avoir appelé à plus de démocratie dans leur pays. Certains, comme Tal al-Malouhi, la plus jeune blogueuse détenue à ce jour dans le monde, y sont toujours. Cette étudiante de 20 ans a été condamnée à 5 ans de prison pour « divulgation d’information à un État étranger », en l’occurrence les États-Unis.

Mais Imad Moustapha n’a rien à craindre. Son blog, il l’anime en postant des billets, personnels certes, mais loin d’être compromettants. Dans un anglais irréprochable, il y relate ses impressions sur l’art et la littérature. Il y décrit ses voyages familiaux, ses rencontres officielles ou encore les fêtes d’anniversaire de ses enfants (photos à l’appui).

Imad Moustapha et son épouse avec les Obama.

 Blogueur régulier, publiant en moyenne un billet tous les huit à dix jours, Imad Moustapha aurait bien pu se passer de la crise qui secoue son pays depuis près d’un an. Cette crise qui l’a visiblement contraint à délaisser l’écriture au profit d’autres activités (pas très diplomatiques à en croire le département d’État américain). En juillet 2011, il avait été convoqué par un haut responsable de l’administration américaine qui lui a fait part de « l’inquiétude » des États-Unis après avoir « appris que des membres de l’ambassade syrienne avaient filmé et photographié des personnes dans des manifestations pacifiques aux États-Unis ».

Imad Moustapha disparaîtra donc de la blogosphère pendant onze long mois, de mars 2011 à février 2012. Le 31 août, il laisse une simple note (rédigée en anglais et en arabe) à l’intention de ses « amis », leur précisant qu’il ne possède aucun compte sur Facebook et qu’il ne compte pas en créer un de sitôt.

Son dernier billet avant le « black-out » de onze mois date du 25 mars 2011, c’est-à-dire 10 jours après le début de la révolte en Syrie. Ce billet, Imad Moustapha le dédie aux familles des « martyrs de Deraa »… Pour alléger leur « peine », il leur conseille de lire Dostoïevski ou bien d’écouter Mahler et Chostakovitch. C’est ce que lui-même fait depuis l’âge de 20 ans, lorsqu’il se sent « humilié » ou « insulté », écrit-il. Il cite al-Kindi, le philosophe arabe du IXe siècle, qui aurait dit que « la stabilité n’existe que dans le monde intellectuel ». « Il n’y a que les faibles d’esprit qui ne parviennent pas à surmonter leur peine », insiste Imad Moustapha.

 

Capture d'écran du blog du diplomate syrien.

Son come-back virtuel, il le fait le 8 février, pour annoncer qu’il a déménagé en Chine. Deux jours plus tôt, les États-Unis avaient annoncé avoir fermé leur ambassade à Damas et évacué leurs derniers fonctionnaires présents en Syrie.
À Pékin, Imad Moustapha redevient le blogueur régulier qu’il était au bon vieux temps prérévolutionnaire. Le 16 février, alors qu’à Damas, les forces gouvernementales arrêtaient le journaliste Mazen Darwich et la blogueuse Razan Ghazzawi, le diplomatie décrit sur son blog une semaine « surréelle » : « Mes rencontres avec les responsables chinois sont amicaux et encourageants ! ! Quel soulagement après avoir passé neuf ans à échanger des “coups” avec les responsables américains, écrit-il. Contrairement aux villes américaines, Pékin n’est pas une ville sans âme. »

Huit jours plus tard, le 24 février, il raconte qu’il s’est lancé dans l’apprentissage de la langue et la calligraphie chinoises. « La Chine, superpuissance émergente et fidèle alliée de la Syrie, était un mystère pour moi. Je suis convaincu que l’on ne peut réellement apprécier ce pays si on ne connaît pas sa langue, écrit Imad Moustapha. C’est pour cela que j’ai décidé d’apprendre le mandarin, en dépit des défis qui s’imposent. »
Pendant ce temps, à Homs, les habitants de Baba Amr affrontaient un défi de tout autre nature. Le quartier était soumis à un pilonnage systématique de l’artillerie pour le 21e jour consécutif. Plus de 70 personnes sont mortes en Syrie ce jour-là.

Le nom d'Imad Moustapha en mandarin...

%d blogueurs aiment cette page :