Internet et le monde arabe : vers une révolution des mentalités ?

4 Juin
Illustration tirée du rapport Arab Knowledge Economy 2014

Illustration tirée du rapport Arab Knowledge Economy 2014

Tout comme l’invention de l’imprimerie a révolutionné la diffusion de l’information, permettant le passage vers la société industrielle, l’accès à Internet a bouleversé le monde des communications et ouvert la voie à une « économie du savoir ». Branché, le consommateur a changé de vitesse, passant du mode « passif » au mode « actif », voire même « interactif ». Quelle est la place du monde arabe dans cette « nouvelle » économie ? Comment profiter de la dynamique que représente Internet dans la région ?

À en croire un rapport récemment publié par Madar Research and Development et Orient Planet, deux centres d’études sur le marketing basés à Dubaï, la montée en flèche du taux de pénétration d’Internet dans le monde arabe entraînera un bouleversement des mentalités dans la région. Selon le rapport intitulé Arab Knowledge Economy Report, le nombre d’internautes arabes franchira la barre des 197 millions d’ici à trois ans. Le taux de pénétration d’Internet passera ainsi de 32 % en 2012 à 51 % en 2017. Ces chiffres marquent une nette avancée de 3 % par rapport à la moyenne enregistrée dans le reste du monde, selon le rapport qui vise à sensibiliser les gouvernements de la région sur le potentiel d’Internet dans le développement des secteurs économique et social.

L’étude, publiée mardi dernier, affirme que de plus en plus de pays arabes se dirigeraient vers une « économie du savoir » grâce notamment aux investissements gouvernementaux dans les nouvelles technologies et les technologies de l’information et de la communication (TIC). Les Émirats arabes unis arrivent en tête du classement en matière d’innovation, toujours selon l’étude, Dubaï étant la première ville de la région à avoir établi des « pôles technologiques », dont Dubai Internet City, Dubai Media City et Knowledge Village. Alors que les pays de la région tentent de rattraper leur retard au niveau de la numérisation des services gouvernementaux, Dubaï se rêve déjà en « ville intelligente » avec le prochain lancement du projet « Silicon Park », dont le coût est estimé à 1,1 milliard de dollars. Les Émirats sont suivis par Bahreïn, Oman, l’Arabie saoudite, le Qatar, le Koweït, la Jordanie et la Tunisie.

Le Liban, quant à lui, a été classé en 9e position devant l’Algérie, l’Égypte, le Maroc, la Syrie, le Yémen, la Mauritanie, le Soudan et Djibouti. Dans un discours à l’occasion du lancement de la cinquième édition d’Arabnet, le plus grand forum de l’industrie du Net dans la région, le 5 mars dernier, le ministre libanais des Télécommunications Boutros Harb avait souligné la nécessité pour le Liban d’évoluer vers la « société du savoir » qui, selon lui, réglerait plusieurs des problèmes dont souffre le pays, à commencer par le chômage. « Le Liban a tout le potentiel pour devenir une plaque tournante de l’industrie du numérique dans le monde arabe », a-t-il dit, déplorant l’émigration en masse des jeunes talents libanais… notamment vers Dubaï.

Mais plus qu’une simple « informatisation » de la société, l’économie du savoir passe avant tout par un véritable investissement dans le capital humain, la recherche et l’éducation. « Voilà quelques-uns des défis auxquels devront faire face les pays arabes », relève l’étude, non sans raison.

 

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