Nada, 11 ans : « Plutôt mourir que d’être mariée de force »

24 Juil
Nada el-Ahdal

Nada el-Ahdal

Loin de l’effervescence déclenchée par la naissance du bébé royal de William et Kate en Angleterre, un autre enfant faisait le buzz ces derniers jours sur le Web. À seulement 11 ans, Nada al-Ahdal est devenue une icône de la lutte pour les droits des enfants à travers le monde. En l’espace de trois minutes, la jeune Yéménite a réussi à conquérir le cœur de centaines de milliers d’internautes dans un message plein d’audace qu’elle lance sur YouTube.
Sur un ton ferme, mais empreint d’émotion, la fillette aux grands yeux noirs affirme avoir fui sa maison familiale pour échapper à un mariage arrangé que ses parents avaient prévu pour elle. Dans son message, Nada indique avoir trouvé refuge chez son oncle qui l’a recueillie avec son frère : « C’est vrai que j’ai fui mes parents, dit-elle à la caméra. Je ne peux plus vivre avec eux. Assez ! Je souhaite vivre avec mon oncle. »

La jeune Nada lance ensuite un vibrant plaidoyer en soutien aux mineurs mariés de force : « Qu’en est-il de l’innocence des enfants ? Quel mal ont-ils fait pour être mariés de force ? Moi, j’ai réussi à trouver une solution à mon problème, mais d’autres enfants innocents n’ont pas pu y échapper. Ceux-là risquent de mourir ou de se suicider. Ce ne sont que des enfants, ils ne sont pas conscients de ce qui leur arrive. Ils n’ont pas eu le temps de finir leurs études (…) »

« Mon cas n’est pas unique en son genre (…), dit encore la petite Yéménite, les larmes aux yeux. Je préfère mourir plutôt que d’être mariée de force. Je ne retournerai plus jamais chez mes parents. Jamais ! Ils ont tué tous nos rêves, il ne reste plus rien. Ce n’est pas une façon d’éduquer. C’est criminel, simplement criminel ! »

Dans une entrevue avec le site nowlebanon, l’oncle de la courageuse fillette, Abdel Salam al-Ahdal, affirme que c’est la seconde fois que Nada parvient à échapper à un mariage forcé. « Quand j’ai appris qu’elle allait être mariée de force à un expatrié yéménite vivant en Arabie saoudite, j’ai paniqué, raconte-t-il. Nada n’avait même pas onze ans, elle avait exactement 10 ans et trois mois. Je ne pouvais pas les laisser détruire son avenir, surtout que sa tante maternelle s’est immolée parce qu’elle avait été mariée de force à l’âge de 14 ans (…) »

L’histoire de Nada remet sur le devant de la scène la question des mariages de mineures, un phénomène très répandu au Yémen, le plus pauvre des pays de la péninsule Arabique. Son histoire rappelle celle de Noujoud Mohammad Ali, une autre fillette yéménite qui, en 2008, avait obtenu le divorce après avoir été mariée de force à huit ans à un homme de vingt ans son aîné.

Selon les données des Nations unies, ce phénomène ne se limiterait pas au Yémen : au Bangladesh, au Mali, au Mozambique et au Niger, plus de 50 % des filles sont mariées avant d’avoir atteint l’âge de 18 ans… (le chiffre est de 6 % au Liban). Au rythme actuel, plus de 140 millions de mineures à travers le monde seront mariées d’ici à 2020. Sur ces 140 millions, 50 millions seront âgées de moins de 15 ans …

 

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