Le top 5 des questions typiquement libanaises

7 Nov

C’est un nouveau « jeu » qui a été lancé le week-end dernier sur Twitter : recenser les questions entendues quasi quotidiennement de la bouche des Libanais. Un drôle d’exercice qui a attiré la participation d’une centaine d’internautes originaires du pays du Cèdre. Résultat : un flot d’expressions assez révélatrices de la situation socio-économique et morale des Libanais. À part les traditionnelles « Hi, Kifak ? Ça va ? » et « Chou fi ma fi ? », voici les cinq questions les plus courantes :

« Chou esmak ? »
Une question banale dans tous les pays au monde, sauf au Liban, où elle est généralement perçue comme une question-piège. Au pays du Cèdre, où cohabitent 19 confessions, nombreuses sont les personnes curieuses de connaître la religion de l’autre. Pour ce faire, il leur suffit en général de poser cette simple question : « Comment tu t’appelles ? » Si le nom est trop flou ou pas assez révélateur, le Libanais aura alors recours à une deuxième question-piège : « De quelle région viens-tu ? »

Une fois la religion déterminée, il s’agit ensuite de savoir de quel bord politique vous vous situez : « Ah, tu es chiite ? Tu es avec le mouvement Amal ou le Hezbollah ? » « Ah, tu es chrétien ? Tu es avec (Michel) Aoun ou (Samir) Geagea ? »…

« Kahraba aw moteur ? »
Depuis plusieurs années déjà, le rationnement en électricité est le sujet phare de toutes les conversations au Liban. Certaines régions ont plus de 20 heures d’électricité par jour, quand d’autres ont plus de 20 heures de coupures quotidiennes… Gérer cette situation au quotidien entraîne une série de questions auxquelles se sont habitués les Libanais. Exemples :
« L’électricité est coupée… Tu as éteint l’air conditionné et le réfrigérateur ? »
« Tu paies combien l’abonnement au générateur ? »
« Tu reçois 5 ou 10 ampères ? »
« Le disjoncteur a sauté… qui descend le remonter ? »


Mais le rationnement en électricité n’est pas le seul problème que les Libanais ont à gérer au quotidien. Il y a aussi les coupures d’eau (« Vous avez de l’eau en ce moment chez vous ? » ; « Tu as vérifié s’il y a assez d’eau dans le réservoir avant de prendre ta douche ? »), la mauvaise qualité des réseaux téléphoniques (« Tu as du réseau toi ? » ; « Allô ? Tu m’entends ? Allô ? »), ou encore la très faible et lente connexion Internet (« Fi Internet ? »)…

« La route de l’aéroport est coupée ? »
Autres coupures très courantes au Liban, celles des routes. La plus populaire est celle de l’aéroport, souvent bloquée avec des pneus enflammés par des manifestants en colère pour quelque sujet que ce soit… Une situation qui entraîne presque immanquablement des questions du genre : « Tu crois qu’ils vont la rouvrir bientôt ? », « Tu crois que nous devrions reporter notre voyage ? »…


« Coups de feu ou feux d’artifice ? »
Au pays du Cèdre, les accrochages armés, qu’ils soient de nature personnelle ou politique, peuvent éclater à tout moment et sans préavis : dispute autour du stationnement d’une voiture, heurts entre miliciens sunnites et chiites, accrochages entre deux familles rivales…
Mais les coups qui résonnent peuvent aussi être des tirs de joie ou de feux d’artifice pour célébrer le retour des pèlerins de La Mecque, par exemple, ou la réussite d’un enfant au brevet, le début d’un discours télévisé d’un dirigeant politique très populaire, ou encore pour marquer la clôture de la saison estivale d’une boîte de nuit superbranchée…
Inutile de décrire la confusion que ce cocktail de sons peut créer chez les Libanais…

« Ta Sri Lankaise, elle vient de quel pays ? »
Il y a plus de 200 000 travailleuses domestiques migrantes au Liban. La plupart d’entre elles viennent de pays asiatiques, dont le Sri Lanka, les Philippines et le Népal. Pour éviter le casse-tête « géographique » (pour ne pas dire racial), beaucoup de Libanais emploient donc l’adjectif « sri lankaise » pour désigner l’ensemble des travailleuses domestiques.
Cette irrégularité lexicale est toutefois loin d’être le dernier souci de ces femmes qui sont exclues du droit du travail et soumises à des règles d’immigration restrictives qui les exposent au risque d’exploitation et rendent difficile pour elles de quitter un employeur abusif. Le taux élevé de mauvais traitements a amené plusieurs pays – mais pas encore le Sri Lanka – à interdire à leurs ressortissantes d’aller travailler au Liban.

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