La révolution du moindre effort

16 Mai

Le terme existe depuis près de 10 ans, mais ce n’est qu’aujourd’hui que le « slacktivism » commence à acquérir une notoriété internationale.
Bien qu’il soit à connotation péjorative, ce terme anglais composé de « slack » (fainéant) et « activist » a prouvé que faire la révolution du confort de son canapé est aujourd’hui bel et bien possible. Cette nouvelle forme de militantisme numérique a, ces dernières années, attiré des dizaines de millions de personnes à travers le monde. Vous en faites probablement partie sans le savoir. Il suffit que vous ayez, au moins une fois dans votre vie, signé une pétition en ligne, partagé une vidéo de sensibilisation sur YouTube, changé la photo de votre profil Facebook ou retwitté un tweet en soutien à une cause donnée, etc.

Mais qui a dit que c’est une mauvaise chose ?
Qu’est-ce qui, à votre avis, ramènerait plus de signatures? Aller faire du porte-à-porte avec un tas de papiers A4 en main ou bien lancer une pétition en ligne ? Quelle est la différence entre distribuer des tracts dans la rue à 7h du matin et cliquer sur « like » à la longueur de la journée, à part le froid…(comme le dit Olivier Blondeau, sociologue français) ?


Le militantisme numérique ne remplacera certainement pas l’activisme de la vie « réelle » car, au final, ce sont les personnes « physiques » qui font toute la différence. Moubarak, Ben Ali, Saleh et compagnie ne seraient peut-être jamais tombés n’était le courage des révolutionnaires qui ont défié leur régime dictatorial dans la rue, sous la menace des balles et de la torture. Dans le cas du printemps arabe, l’utilité des réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter était plutôt d’ordre organisationnel, mobilisateur.
Pour mieux apprécier le « slacktivisme », c’est dans ce contexte qu’il faut percevoir : un outil de communication à échelle internationale qui accorde, certes, une grande importance à la culture « lol », mais qui s’est également avéré particulièrement utile, surtout en temps de crise.

En février 2008, plus de 12 millions de personnes ont défilé dans les rues de Colombie contre la guérilla des FARC en réponse à un appel lancé sur la page Facebook « Un million de voix contre les FARC ». En mars 2012, une vidéo lancée par une ONG américaine pour que le chef de l’Armée de résistance du seigneur (LRA), l’Ougandais Joseph Kony, soit traduit devant la justice a attiré plus de 112 millions de visiteurs en six jours. En février 2011, les « slacktivistes » égyptiens envoyaient près de 230 000 tweets par jour appelant à la mobilisation contre le régime de Hosni Moubarak. En novembre 2011, une pétition condamnant Bank of America pour son intention de charger des frais supplémentaires aux utilisateurs des cartes de débit a attiré plus de 300 000 signatures. Bank of America a dû renoncer à son plan quelques semaines plus tard. Cinq jours après le séisme de 2010 à Haïti, la Croix-Rouge américaine est parvenue à récolter quelque 20 millions de dollars grâce à des donations via SMS…

Selon une infographie créée par sortable.com, les « activistes fainéants » sont deux fois plus enclins à faire du bénévolat, deux fois plus enclins à lancer un appel à donations, deux fois plus enclins à participer à un événement, quatre fois plus enclins à inviter des gens à signer une pétition et à contacter un politicien…

Et vous ? Croyez-vous en la force du « slacktivisme » ?

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