Le hijab : pour elle, pour lui, pour nous…

9 Nov

Perçu comme un symbole d’extrémisme et d’intolérance par certains et comme un signe de foi et de pudeur par d’autres, le hijab a été au centre de nombreuses controverses ces dernières années, surtout en Europe. Depuis que la France a interdit son port dans les écoles publiques, en 2004, le débat continue à faire des vagues dans plusieurs pays européens, dont la Grande-Bretagne, la Suisse et la Belgique. Des vagues qui ont traversé l’Atlantique pour atteindre le Canada, et plus précisément le Québec, où le vote a été interdit, en 2007, à toute personne ayant le visage voilé lors des élections législatives.

Aujourd’hui, le voile est toujours au cœur de l’actualité. Avec la chute en série des dictateurs tunisien, égyptien et libyen, et la montée en puissance des mouvements religieux, des voix s’élèvent dans le monde arabe par crainte de voir les révolutions « volées » par les islamistes. Ces craintes se sont de plus en plus concrétisées après la victoire du parti Ennahda en Tunisie, les propos sur la charia en Libye et les actes de violences confessionnelles en Égypte. La peur de voir certains extrémistes profiter du vide politique actuel pour imposer leurs lois. Comme ces salafistes égyptiens qui cherchent à cacher toute forme féminine, qu’elle soit de chair ou de marbre. L’exemple en est avec la « burqanisation » des sirènes qui ornent la fontaine de Jupiter au centre d’Alexandrie, jugées « indécentes » par le parti salafiste « el-Nour » (la Lumière). La nouvelle a été rapportée par le quotidien al-Masri al-Youm qui a publié des photos avant et après l’« opération burqa », enflammant les réactions des internautes sur Twitter. « Draper une statue avec des sirènes nous mènera assurément au paradis. J’ai hâte », écrit l’un d’eux.

Plus qu’un simple foulard, le hijab est aussi un outil. Un outil de propagande, un outil politique, un outil d’expression même. Le porter pour affirmer une certaine affiliation, encourager une cause : un foulard rose pour soutenir la lutte contre le cancer du sein (pinkhijabday.org). Le brûler pour exprimer sa frustration, sa colère : un foulard en feu pour protester contre la répression, comme au Yémen, où des centaines de Yéménites ont brûlé leur « makrama ». Un acte qui se référerait à une ancienne tradition bédouine, signifiant un appel à l’aide.

Des Yémenites brûlant leur voile.

Mais le voile n’est pas seulement une affaire de femmes. Il concerne les hommes aussi. C’est ce que réclament des internautes égyptiennes sur Facebook qui invitent les hommes à porter le hijab en solidarité avec les femmes. « Ils (les islamistes) disent que le voile est une affaire de choix personnel, et pourtant, le mot hijab est injurieux dans leur bouche quand ils insultent des hommes qui le portent, écrit le groupe sur le réseau social. Ceux qui demandent aux femmes de porter le hijab ne devraient pas s’attaquer aux hommes qui choisissent de le porter aussi. » Le groupe a également publié des photos d’hommes voilés, dont certaines ont été prises d’une campagne lancée par des Iraniens, en 2009, en soutien à un étudiant qui avait été emprisonné pour s’être recouvert la tête d’un foulard.

En Iran, on ne plaisante pas avec le hijab. Il est exclusivement réservé aux femmes. Plus qu’un devoir religieux, le voile serait également un outil de séduction. À en croire un éditorial publié sur un site d’information proche du pouvoir, le voile islamique stimulerait… la libido : « Dans l’islam, le hijab existe pour maintenir la vivacité sexuelle. Le voile stimule les fantasmes et redonne un sens à l’activité sexuelle (…). La nudité en Occident n’attire que les adolescents qui, s’ils se laissent entraîner, finiront par devenir de vieux célibataires. »
« J’ai toujours pensé que les Français étaient des idiots, réagit Ariane sur iranian.com, un site consacré à la diaspora iranienne à travers le monde. Ils bannissent la burqa, ces idiots ! Si seulement ils savaient ce qu’elle peut faire pour leur vie sexuelle (…). OK les gars, la prochaine fois que vous aurez besoin d’un stimulant sexuel, plus besoin de renouveler votre abonnement Playboy. Vous n’avez qu’à acheter un billet d’avion (vers l’Iran) et vous promener dans la rue. Je vous le garantis : vous rentrerez avec une dose de sex-appeal qui durera au moins un an ! »

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