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Iran : une héroïne de BD pour succéder à Ahmadinejad ?

22 mai
Zahra, candidate virtuelle à la présidentielle iranienne.

Zahra, candidate virtuelle à la présidentielle iranienne.

Le 14 juin prochain, 55 millions d’Iraniens seront invités à élire leur nouveau président. En lice pour le scrutin : 686 candidats, dont 30 femmes et… une héroïne de BD.
Zahra, 52 ans, est la première candidate virtuelle à se présenter à la présidentielle, lourde d’enjeux en Iran.
Dans sa déclaration de candidature, disponible sur le site de sa campagne vote4zahra.org, Zahra promet de défier le régime des mollahs et de travailler en vue d’un changement démocratique en Iran. « Aujourd’hui, nous sommes gouvernés par des clowns qui ont planté leur chapiteau sur la carcasse de notre pays, déclare Zahra dans son manifeste. Un vote pour Zahra est un vote pour un Iran qui refuse les exécutions, la peur et les mensonges. Un Iran où l’on vote pour la vie, l’amour et le rire. Plus que votre voix, je vous demande de m’accordez vos espoirs. »

C’est en 2009, à la suite des vagues de manifestations contre la réélection de Mahmoud Ahmadinejad, que Zahra s’est fait connaître du public grâce au feuilleton graphique Zahra’s Paradise (Le Paradis de Zahra, en français), créé par Amir Soltani, un écrivain iranien exilé aux États-Unis. L’auteur y relate l’histoire d’une mère de famille, Zahra, qui recherche désespérément son fils, Mehdi, disparu lors des manifestations de 2009. Son histoire, bien que fictive, est inspirée de faits réels, assure l’auteur. Depuis sa parution en ligne, Zahra’s Paradise a été traduit dans une quinzaine de langues, dont l’arabe, le français et l’anglais.

"La cyberpolice a harcelé, torturé et assassiné des blogueurs, des journalistes et leurs familles. Et vous appelez cela des élections libres et justes?"

"La cyberpolice a harcelé, torturé et assassiné des blogueurs, des journalistes et leurs familles. Et vous appelez cela des élections libres et justes?"

« Zahra représente toutes les familles endeuillées en Iran, affirme Amir Soltani dans un communiqué annonçant la candidature de son héroïne. Elle s’est présentée sur la base des droits de l’homme. Elle s’est présentée au nom de son fils, Mehdi, afin que les futures générations puissent bénéficier des droits dont il a été privé. »

Selon l’auteur, le but de la campagne virtuelle de Zahra est de « créer un espace libre pour tous les Iraniens qui veulent combattre le régime islamique corrompu et criminel qui est basé sur le mensonge, la peur et la force ».

 "Les femmes ne peuvent pas se présenter à la présidentielle, alors qu'elles représentent la moitié de la population. Et vous appelez cela des élections libres et justes?"

"Les femmes ne peuvent pas se présenter à la présidentielle, alors qu’elles représentent la moitié de la population. Et vous appelez cela des élections libres et justes?"

« La candidature de Zahra est un défi symbolique contre la politique de notre gouvernement qui interdit aux femmes de se présenter à la présidentielle », affirme de son côté Firuzeh Mahmoudi, directrice du site d’opposition United for Iran, qui dirige la campagne de l’héroïne. « Zahra représente un Iran où les droits de l’homme et la démocratie sont respectés, où toutes les voix comptent, où tous les candidats qualifiés peuvent se présenter aux élections et où l’opposition n’est pas opprimée dans la violence », écrit-elle sur son site.
Zahra, tout comme le reste des Iraniens, attend toujours la décision du Conseil des gardiens de la Constitution, qui a déjà invalidé la majorité des candidatures enregistrées pour le scrutin. La liste finale est attendue jeudi.

Retenue ou pas, la candidature de Zahra a déjà attiré des milliers de supporters à travers le monde. Sur la page Facebook de l’héroïne, plusieurs personnes ont posté leur photo accompagnée du slogan : « J’ai le droit à des élections libres et justes, votez pour Zahra ! »

Une partisane de Zahra à Téhéran...

Une partisane de Zahra à Téhéran…

...un autre à Stockholm...

…un autre à Stockholm…

...et une dizaine à Paris.

…et une dizaine à Paris.

Morsi, la charia et le savon

24 avr

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Depuis plusieurs jours, la twittosphère égyptienne est plongée dans un débat bouillonnant concernant le président Mohammad Morsi. Non, ce n’est pas de son bilan politique, économique ou diplomatique qu’il s’agit, mais d’un sujet bien plus épineux : l’hygiène du raïs.
Tout a commencé lorsque Nawara Negm, blogueuse et activiste égyptienne de 39 ans, est tombée sur un article paru dans le journal libanais ad-Diyar affirmant que des responsables allemands se sont plaints auprès d’un diplomate égyptien des mauvaises odeurs corporelles de M. Morsi. Nawara, une fervente critique des Frères musulmans, profite de cet incident diplomatique présumé pour s’en prendre aux islamistes au pouvoir depuis la chute de l’ancien président Hosni Moubarak :

« Ah non, tout sauf notre réputation en matière d’hygiène, a réagi la fille du poète engagé, Ahmad Fouad Negm, dans un tweet. Tu nous avais déjà fait passer pour des mendiants et nous t’avons laissé faire, maintenant on se fait taxer de crasseux ? C’est inadmissible… » dit-elle en s’adressant à Morsi sous le hashtag « #حموا_الرئيس » (Le président a besoin d’un bain).
Aux islamistes elle déclare sans ménagement : « Il ne vous a pas suffi de faire fuir les fidèles des mosquées avec l’odeur de vos chaussettes, il vous a fallu en plus nous choisir un président qui pue? Vous auriez pu au moins lui donner un bain »…
« (Le président) est peut-être avare, mais il aurait pu s’acheter une eau de Cologne bon marché pour nous épargner ce scandale international », écrit-elle encore avec un brin d’humour. « Mais ce qui m’attriste vraiment, c’est que nous sommes devenus la risée des Libanais, eux qui sont toujours tirés à quatre épingles », ajoute-t-elle dans un autre tweet.

Les commentaires de Nawara ont été rapidement partagés sur le Web, irritant les uns et amusant les autres. « Il ne peut pas sentir mauvais parce qu’il se lave cinq fois par jour pour la prière », écrit @amr_elnady1. « Je me sens fatigué au réveil, je n’ai pas envie de prendre une douche. Je dois avoir les mêmes syndromes que Morsi », plaisante pour sa part @mazzahi. « N’avez-vous pas remarqué que depuis que ce hashtag existe, Morsi a disparu de Twitter ? » remarque de son côté @yoyoajoor. « Vendredi prochain, nous allons manifester sous le slogan “La charia et le savon” », twitte @loliozy. « Ce type est la personne qui a été la plus ridiculisée en sept mois… le pauvre », remarque enfin @inspiration_k.

Dove Real Beauty Sketches : Femmes vs Hommes

21 avr

Vous avez probablement vu la dernière campagne vidéo de la fameuse marque de savon Dove qui a loué les services d’un dessinateur professionnel du FBI pour faire comprendre aux femmes que, non, elles ne sont pas aussi laides qu’elles ne le croient.

Les femmes, au look ordinaire – blondes, brunes, noires ou blanches – seront dessinées deux fois : le premier sketch sera basé sur comment elles se décrivent elles-mêmes, alors que le deuxième sera basé sur comment elles sont décrites par une tierce personne avec qui elles ont passé un peu de temps.

Le résultat est fascinant…

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Et bien sûr – il fallait s’y attendre-, une parodie a très rapidement fait surface sur le net. Voici la campagne « Dove Real Beauty Sketches », mais version…homme !

Musulmanes en campagne contre Femen

10 avr
J'ai l'air opprimée selon vous?!

J’ai l’air opprimée selon vous?!

Après la série de manifestations seins nus organisées par les militantes du Femen à travers l’Europe pour dénoncer l’islamisme, des centaines de musulmanes – voilées et à têtes découvertes – ont mené campagne sur les réseaux sociaux pour riposter.
Baptisée « Muslimah Pride » (Musulmanes et fières de l’être, en français), cette campagne a été lancée le 4 avril, le jour même de l’action « Topless Jihad » qu’ont lancée les Femen devant des mosquées et des représentations diplomatiques tunisiennes, en solidarité avec Amina Tyler, la jeune Tunisienne qui avait fait scandale en publiant mi-mars des clichés d’elle la poitrine nue.

« En tant que musulmans, hommes et femmes, nous devons montrer aux (militantes du) Femen que leur mouvement est contreproductif et que nous y sommes opposés », lit-on sur la page Facebook du groupe « Muslimah Pride ». « Que vous soyez voilée ou pas, envoyez-nous vos photos accompagnées d’un message dénonçant l’action des Femen », lit-on encore. Cette campagne est une chance pour les musulmanes de montrer au monde qu’elles ont un mot à dire aussi et qu’elles refusent la manière dont elles sont dépeintes en Occident. Nous refusons la façon dont nous sommes assimilées à une masse homogène qui n’aurait ni parole ni maîtrise de soi. »
Et pour se démarquer encore plus des Femen qui avaient lancé des slogans hostiles à l’islam du genre « Fuck your morals » (“J’emmerde ta morale”), les organisateurs de « Muslimah Pride » ont prié les participantes à leur campagne d’éviter les commentaires « obscènes, dégradants ou sexistes ».

En hijab, en niqab ou tête nue, voici quelques-uns des messages diffusés sur Twitter et Facebook, dans le cadre de la campagne anti-Femen :

Je respecte le choix d’Amina de faire ce qu’elle souhaite de son corps. Mais Amina ne représente pas les femmes à travers le monde. Femen, cessez de généraliser ! Une musulmane pakistanaise.

Je respecte le choix d’Amina de faire ce qu’elle souhaite de son corps. Mais Amina ne représente pas les femmes à travers le monde. Femen, cessez de généraliser ! Une musulmane pakistanaise.

Les Femen sont bonnes comme un baklava sans pistaches.

Les Femen sont bonnes comme un baklava sans pistaches.

Le Femen ne peuvent pas me dire ce que je peux porter ou non.

Les Femen ne peuvent pas me dire ce que je peux porter ou non.

Les Femen ont volé notre voix. Je suis une femme forte, ai-je l’air d’être quelqu’un qui a besoin d’être sauvée de l’oppression par des impérialistes ?

Les Femen ont volé notre voix. Je suis une femme forte, ai-je l’air d’être quelqu’un qui a besoin d’être sauvée de l’oppression par des impérialistes ?

La nudité n’est pas une liberté. Nous n’avons pas besoin de vos valeurs.

La nudité n’est pas une liberté. Nous n’avons pas besoin de vos valeurs.

Le hijab couvre mes cheveux et non pas mon cerveau.

Le hijab couvre mes cheveux et non pas mon cerveau.

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Poisson(s) d’avril anti-Assad

3 avr

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Distinguer le vrai du faux en Syrie est de plus en plus compliqué. Avec les restrictions imposées à la presse internationale par les autorités syriennes depuis le début du conflit, il y a deux ans, propagande et désinformation sont devenues des « armes » abondamment utilisées aussi bien par l’opposition que par le régime. Un phénomène désormais massif grâce, notamment, aux réseaux sociaux.
Un groupe d’opposants syriens baptisé « Syrian Revolution Intelligent Operations », ou « Syrio », s’est récemment montré particulièrement actif en la matière. Sa mission : « Débusquer les mensonges des médias officiels du régime syrien (…) afin de dénoncer l’ampleur de la propagande pro-Assad et de convaincre les Syriens “indécis” de rejoindre la rébellion. »

Pour atteindre son objectif, le groupe s’appuie sur une arme redoutable : l’imagination. Depuis août 2012, « Syrio » a diffusé près d’une dizaine de fausses informations, photos fabriquées à l’appui, pour alimenter la machine à propagande syrienne avant de la démasquer sur leur page Facebook.

Pour avoir une meilleure idée de leur mode de fonctionnement, voici deux de leurs canulars les plus élaborés :

Assad, un robot-humanoïde télécommandé

En février dernier, « Syrio » a envoyé aux principaux organes médiatiques du régime (médias traditionnels et pages Facebook) un article fictif affirmant qu’un riche homme d’affaires arabe non identifié a passé commande d’un robot-humanoïde ayant l’apparence du président syrien Bachar el-Assad. Contrôlé depuis un ordinateur, le robot recouvert de silicone est capable d’imiter tous les mouvements humains, selon l’article rédigé en arabe et accompagné de plusieurs photos.
« C’est une tentative de défigurer la réalité », dénonce un député koweïtien fictif cité dans le texte, tout en disant s’attendre à ce que des pays arabes utilisent ce robot pour le présenter comme étant le vrai président syrien. L’article précise enfin que « le Qatar a nié tout lien avec ce projet ».
C’est le 1er avril que « Syrio » a révélé le canular, en diffusant une vidéo dans laquelle les opposants dénoncent les médias prorégime qui ont repris sans la vérifier leur information inventée de toutes pièces. Selon le groupe d’opposants, des milliers de journaux, chaînes de télévision, sites Internet et pages Facebook sont tombés dans le piège.

« La chute fracassante »

En juillet, « Syrio » a diffusé un autre article fictif dans lequel les opposants affirment que « les services de renseignements chinois ont dévoilé un plan saoudo-qatari visant à reproduire plusieurs villes et places publiques syriennes dans un studio de cinéma gigantesque à Hollywood où sera filmée la chute fracassante de Bachar el-Assad ». Un plan dont le coût est estimé à « 36 milliards de dollars américains seulement », peut-on lire dans la fausse information, qui s’est très rapidement répandue sur les réseaux sociaux et a même été reprise par la télévision officielle syrienne.
Les opposants eux-mêmes ont avoué avoir été surpris par le succès de ce canular, étant donné qu’ils avaient laissé plusieurs indices qui auraient dû mettre la puce à l’oreille des lecteurs, comme le nom de la personne en charge de ce plan, prononcé « Assad is Duck Really » (Assad est réellement un canard, NDLR).

La guerre syrienne… sur la terre comme au Web

27 mar

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Dans les rues comme dans le cyberspace, les combats font rage entre pro et anti-Assad. L’un des acteurs principaux de ce conflit est l’Armée syrienne électronique (ASE) qui a été mise en place par le régime de Bachar el-Assad dès l’éclatement de la révolte en 2011. Qualifiée de bras cyberarmé du régime, ce bataillon de pirates informatiques avait au départ pour mission d’infiltrer et d’espionner les comptes Facebook des opposants. Aujourd’hui, deux ans après sa création, l’ASE est devenue une composante essentielle de la guerre médiatique menée par Damas.

Ces dernières semaines, cette armée électronique a concentré ses attaques sur plusieurs organisations et médias internationaux, piratant leurs comptes sur les réseaux sociaux. Dernière victime en date : trois comptes Twitter de la chaîne de télévision britannique BBC (@BBCWeather, @BBCArabicOnline et @BBCRadioUlster).
À part des déclarations de soutien au président Bachar el-Assad, les pirates ont diffusé des messages saugrenus sur le compte de @BBCWeather, s’en prenant à plusieurs pays, dont le Liban : « Alerte sismique au Qatar : (le prince) Hamad ben Khalifa est sur le point de sortir de son véhicule » ; « La station météorologique saoudienne est en panne après une collision frontale avec un chameau » ; « Prévisions météorologiques chaotiques au Liban, alors que le gouvernement a annoncé sa décision de se distancier de la Voie lactée » ; « Alerte au tsunami à Haïfa : on conseille aux résidents de retourner en Pologne »…

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Une semaine plus tôt, l’ASE attaquait le site Web et le compte Twitter de l’organisation internationale pour la défense des droits de l’homme, Human Rights Watch (HRW). « Tous vos rapports sont FAUX ! ! Cessez vos mensonges ! ! ! » ont écrit les pirates sur le site, critiquant le dernier rapport de l’organisation qui accuse le régime syrien d’utiliser des bombes à sous-munitions dans sa guerre contre l’opposition.

Début mars, c’était la page Facebook de la Qatar Foundation qui avait été la cible des pirates pro-Assad. « À Qatar Foundation, nous soutenons le terrorisme », lisait-on dans l’un des nombreux messages pirates publiés sur la page. Des photos insultantes du prince Hamad ben Khalifa al-Thani et de son épouse ont également été diffusées. Traité de « Grand Satan » ou encore de « mulet », le prince est notamment attaqué sur les prises de position du Qatar sur la crise syrienne.

Depuis le début de l’année, l’ASE a piraté les comptes de plus de cinq médias internationaux, dont ceux de l’AFP, Reuters, France 24, al-Jazeera, Sky News et Deutsche Welle.

Une image diffusée sur le compte piraté de l'AFP sur Twitter : "Les rebelles syriens soutenus par Obama prête allégeance à el-Qaëda".

Une image diffusée sur le compte piraté de l’AFP sur Twitter : "Les rebelles syriens soutenus par Obama prête allégeance à el-Qaëda".

Qui se cache derrière cette « armée » ? Impossible de le dire. Mais l’adresse de son site Web a été enregistrée au nom de la « Syrian Computer Society », un organisme officiel chargé des nouvelles technologies dans le pays. De 1995 à 2000, cet organisme était dirigé par Bachar el-Assad en personne.

Dans le camp opposé, l’on trouve plusieurs groupes de pirates dissidents éparpillés un peu partout dans le monde. Dans une entrevue accordée au site Web de NPR, l’un d’eux – baptisé « Harvester » – affirme faire face à une « vraie armée organisée possédant des équipements technologiques américains très sophistiqués ». Installé en Turquie, près de la frontière syrienne, Harvester passe une grande partie de son temps à pirater les comptes d’opposants arrêtés afin d’effacer tout contenu compromettant. « Nous remplaçons les photos du drapeau de la révolution syrienne par une image pornographique, par exemple, explique Harvester. Ça nous permet d’occuper les enquêteurs un moment. »

Tout comme les loyalistes, les anti-Assad organisent eux aussi des attaques informatiques contre des médias ou des organisations adverses. En deux ans, ils ont réussi par exemple à fermer la page Facebook de l’Armée syrienne électronique plus de 200 fois, selon l’aveu même des administrateurs de cette page.
En janvier dernier, des opposants ont affirmé avoir piraté la chaîne de télévision syrienne pro-Assad ad-Dounia en remplaçant la programmation régulière par des images ridiculisant l’armée syrienne.

Dimanche dernier, des pirates dissidents ont fait le buzz sur Internet en diffusant un message annonçant la mort de Bachar el-Assad sur la page Facebook de la chaîne syrienne. « Monsieur le président a été transféré à l’hôpital al-Chami après avoir été abattu par un de ses gardes du corps », disait le message qui a surpris les centaines de milliers d’internautes abonnés au compte d’ad-Dounia.

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Reprise par plusieurs médias occidentaux et arabes, l’information a été rapidement démentie par Damas qui a accusé « l’ennemi israélien » d’être à l’origine de la rumeur.

La guerre 2.0 est loin d’être terminée…

 

« Policiers » anticonfessionnels sur Facebook

20 mar

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« Le pays est au bord de l’abîme », « La guerre va se déplacer chez nous », « La situation va exploser d’une minute à l’autre »… Les mêmes expressions reviennent à chaque fois qu’un incident à caractère confessionnel survient au Liban. Le fait qu’un conflit de grande envergure n’ait pas encore éclaté dans les rues de Saïda, de Tripoli ou de Beyrouth relève du miracle, diront même certains. Un miracle qui n’a toutefois pas été possible sur les réseaux sociaux, où la guerre entre internautes bat son plein.
La situation, déjà grave depuis plusieurs années, a encore empiré dimanche dernier suite aux agressions qui ont visé quatre religieux sunnites dans des quartiers à majorité chiite de la capitale libanaise. De ce fait, propos haineux, sectaires et racistes se sont propagés comme une traînée de poudre sur Facebook. Et au lieu de jouer le rôle de modérateurs, les administrateurs de certaines pages, se présentant comme affiliés à tel ou tel groupe politique, ont, au contraire, jeté de l’huile sur le feu. Utilisant souvent un pseudonyme et arborant en photos de profil des portraits de personnalités politiques ou religieuses connues, les créateurs de ces pages ont encouragé leurs milliers d’« admirateurs » à propager leurs discours provocateurs. Résultat : un combat d’insultes de gros calibre sur Internet…

Face à cette réalité de plus en plus inquiétante, un groupe de jeunes militants libanais décide de passer à l’action. Le groupe lance la page « Activists Against Sectarianism » (Activistes contre le confessionnalisme) sur Facebook, invitant les internautes libanais à signaler les contenus racistes et haineux sur le réseau.
Interrogé par L’Orient-Le Jour, l’un des créateurs de cette page affirme que l’idée lui trottait dans la tête depuis longtemps, mais que la nécessité de combattre le confessionnalisme sur Facebook est devenue plus pressante après les incidents de dimanche soir à Beyrouth. « J’avais peur d’être accusé de porter atteinte à la liberté d’expression en poussant Facebook à éliminer certains contenus, même s’ils sont à caractère confessionnel », confie le militant pour la défense des droits de l’homme. « Mais la liberté d’expression ne peut justifier les appels à la violence et les discours discriminatoires, explique-t-il. Les propos racistes qui se propagent sur les réseaux sociaux alimentent les tensions confessionnelles sur le terrain et nous ne pouvons tout simplement pas rester les bras croisés. » « Nous souhaitons éliminer les discours haineux sur Facebook pour donner plus d’espace à la voix de la raison », poursuit-il.

Comment ça fonctionne exactement ? « Les grands maux exigent de grands moyens », explique le militant qui affirme que son groupe a déjà mobilisé une dizaine de « policiers » virtuels pour surveiller le contenu des pages jugées racistes ou discriminatoires. « Un badge conçu spécifiquement pour cette tâche sera visible sur le profil de ces policiers sur Facebook pour aider les internautes à les reconnaître, dit-il. Les internautes sont invités à leur envoyer les liens vers les pages qu’ils jugent offensives et dont le contenu sera ultérieurement examiné. » « Si les accusations s’avèrent exactes, nous lancerons une campagne pour inciter les Libanais à signaler ces pages en masse afin de pousser Facebook à les éliminer, puisqu’elles violent la réglementation du réseau », poursuit-il.

« Nous avons choisi le terme “policier” pour mettre en évidence le rôle des membres de notre groupe », explique encore l’activiste, connu pour ses positions critiques à l’égard des mouvements du 14 et du 8 Mars. « Nous ne représentons évidemment pas une vraie autorité policière et nous ne sommes en aucun cas affiliés à Facebook, tient-il encore à préciser. Notre but est de sensibiliser les Libanais sur la nécessité de combattre le confessionnalisme rampant sur Internet. »

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Le militant affirme par ailleurs qu’aucun avertissement ne sera envoyé aux administrateurs des pages « suspectes ». « Si les administrateurs de ces pages possédaient le moindre sens de la responsabilité, ils n’auraient pas approuvé la diffusion de messages haineux en premier lieu. De plus, il existe de bonnes raisons de croire que certains de ces administrateurs sont payés pour faire le travail qu’ils font. »

En moins de 24 heures, le groupe a réussi à éliminer deux pages qui ont diffusé des propos confessionnels dimanche soir, à savoir « Les fantômes de Dahiyeh » et « Les nouvelles de Tarik Jdidé ». Mais à peine ont-ils été « censurés » par Facebook que les administrateurs de ces pages ont immédiatement créé un nouveau compte, ressuscitant ainsi leurs pages comme si de rien n’était… « Nous continuerons à les surveiller, assure le militant. La guerre n’est pas encore finie… »

(Article publié dans l’édition du 20 mars dans L’Orient-Le Jour)

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