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Entre ironie et avertissements, la CIA débarque sur les réseaux sociaux

11 juin

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Il ne manquait plus qu’elle pour compléter le tableau ! Le Pentagone y maintient une présence depuis plusieurs années déjà, tout comme la Maison-Blanche et les autres institutions gouvernementales américaines. De l’autre côté du spectre, on y retrouve des groupes comme el-Qaëda et affiliés, dont les shebab somaliens et le Front al-Nosra en Syrie, etc.
Vendredi dernier, la très puissante agence américaine de renseignements CIA a annoncé avoir rejoint les réseaux sociaux de Twitter et Facebook. Bien que généralement entourés d’une grande discrétion, les moukhabarate américains ont choisi l’ironie pour faire leur grande entrée sur Twitter : « Nous ne pouvons confirmer ni démentir que c’est notre premier tweet », écrit l’agence. En 90 minutes, plus de 80 000 personnes s’abonnent à leur compte.

Bien sûr, la CIA n’a jamais été bien loin des réseaux sociaux. L’agence, qui s’intéresse depuis un certain temps déjà à Facebook – mais non pas pour retrouver des amis –, posséderait une cellule dédiée à l’espionnage des réseaux sociaux. Dans un communiqué, son directeur John Brennan explique toutefois que la décision d’investir les réseaux sociaux a été prise pour « entamer un dialogue plus direct avec l’opinion publique et fournir des informations sur la mission de l’agence et sur son histoire ». La CIA était d’ailleurs déjà officiellement présente sur Flicker et sur YouTube. « Nous avons des contenus importants à partager, ajoute le patron de l’agence. Nous voulons faire en sorte que le public américain soit plus au courant de nos informations déclassifiées, conformément à notre mission de sécurité nationale. »
Dans son second tweet – le dernier en date d’ailleurs –, la CIA écrit : « Merci pour vos messages de bienvenue sur @Twitter ! Nous avons hâte de partager avec vous des informations déclassifiées fort intéressantes. »

Mais Twitter étant ce qu’il est, permettant la communication directe entre internautes de tous bords, il n’était qu’une question de temps avant que la CIA ne soit bombardée de messages absurdes et/ou drôles. Comme celui de @Wikileaks qui annonce à l’agence avoir hâte de partager des informations classifiées sur l’institution ou encore celui du blogueur Karl Sharro qui s’adresse dans un même tweet à la CIA et au Front al-Nosra en espérant les mettre en contact. « J’espère que ce n’est pas trop maladroit », ironise-t-il.

Sur Facebook, l’agence adopte un ton de loin plus sérieux (et quelque peu menaçant ! ). Avec une photo de son siège en Virginie, la CIA met en garde dans un de ses statuts contre la diffusion sur sa page de tout propos vulgaire ou image offensante : « Nous ne tolérerons pas les commentaires injurieux, haineux ou diffamatoires (…). Ne publiez aucun contenu considéré comme étant classifié ou sensible, ou qui pourrait porter atteinte à un individu ou à une organisation. Ne publiez aucune publicité (…), ni des images ou photos soumises à des droits d’auteur. (…) Les contenus représentant des activités criminelles ainsi que les menaces seront transmis aux autorités judiciaires appropriées. »

Un bon conseil : trolls, abstenez-vous ! On ne plaisante pas avec le renseignement américain. Pas sur sa page Facebook du moins…

Citoyens libanais, l’antenne est à vous !

26 avr

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En avez-vous assez de voir les mêmes invités passer et repasser à la télé ? À l’heure où la plupart des médias sont accaparés par les « analystes » et les personnalités politiques de tous bords, surtout en ces temps d’élection, une nouvelle émission donnant exclusivement la parole au Libanais lambda fait ses premiers pas sur le Web. Baptisé « Zee3 Enta » (« Passe à l’antenne », en français), le projet est présenté sous la forme d’un studio ambulant, doté d’un banc installé en face d’une caméra, ainsi que d’un micro, d’un mégaphone et même d’un tableau avec un marqueur… Bref, tout ce dont une personne pourrait avoir besoin pour s’exprimer. L’idée est de donner aux citoyens la chance de passer à l’antenne afin de partager avec l’opinion publique leurs rêves, leurs craintes, leurs aspirations, leurs problèmes…

L’idée, lancée par Sherif Hossny en 2012, a fait ses débuts en Égypte où elle a connu un grand succès à travers le pays. L’émission, qui s’est inspirée de la révolution de janvier 2011 et de la montée du journalisme citoyen, était d’abord diffusée sur YouTube avant d’être reprise par une chaîne satellitaire égyptienne. Les « invités » du talk-show ont évoqué une série de questions politiques, sociales ou économiques qui leur tiennent à cœur. Plusieurs personnes en ont profité pour dénoncer le harcèlement sexuel en Égypte, une jeune femme ayant même proposé d’offrir des cours d’arts martiaux aux femmes qui le souhaitent. D’autres encore ont critiqué la cherté de vie, la hausse des prix alimentaires dans le pays, les mauvaises conditions de transports, le chômage chez les jeunes… Certains ont également vu dans cette initiative une chance pour exhiber leurs talents de chanteur ou d’inventeurs en herbe…

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Photo facebook.com/zee3enta

Encouragé par le succès de « Zee3 Enta » dans son pays natal, Sherif Hossny souhaite aujourd’hui répéter l’expérience dans d’autres pays de la région. Premier arrêt, à Beyrouth : « L’énergie est contagieuse, écrit-il. L’expérience de « Zee3 Enta » en Égypte m’a poussé à viser plus haut, plus loin. Et y a-t-il un meilleur pays que le Liban pour entreprendre un tel projet ? La décision est prise, nous sommes déjà là ! Il y a beaucoup de sujets qui ne sont pas évoqués de manière sérieuse dans les médias traditionnels, affirme encore Sherif Hossny. À travers « Zee3 Enta », chacun de nous peut passer à l’antenne et devenir le présentateur ou le réalisateur de sa propre émission, avec la liberté d’expression la plus totale. Le projet que nous avons commencé au Liban est un projet pilote, mais il nous a fait comprendre que les gens ont besoin d’un espace de créativité et de liberté pour partager leurs sentiments. Il n’y a pas d’agendas cachés ni de producteurs pour limiter vos pensées. Vous êtes les seuls maîtres à bord. »

Photo facebook.com/zee3enta

Photo facebook.com/zee3enta

Mais pour pouvoir aller de l’avant, l’équipe a besoin de financement. Le studio est déjà fin prêt et quelques émissions tests ont déjà été filmées, mais le but de Sherif est de parcourir le pays avec son studio ambulant afin de produire une douzaine d’épisodes, au moins. Fervent croyant dans le « pouvoir citoyen », il se tourne vers le crowdfunding en espérant récolter 72 000 dollars américains, la somme nécessaire pour financer les coûts de production de « Zee3 Enta ». « Cette émission vous appartient, l’antenne est à vous ! »

Intéressés d’en savoir plus ? Visitez la page http://www.zoomaal.com/projects/zee3enta

Quand Marine Le Pen s’invite aux élections du Québec

15 mar

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Alors que le Québec, en pleine tourmente autour de la « charte de la laïcité », se prépare à la tenue des élections provinciales, un candidat du parti souverainiste a suscité un tollé il y a deux jours après la découverte d’une photo anti-islam publiée sur sa page Facebook. La photo, qui a fait le tour de la Toile canadienne, représente une femme à moitié nue faisant le doigt d’honneur avec la mention « F**k Islam ». Face à la vague de protestation, Jean Carrière, du Parti québécois, s’est d’abord défendu de tout sentiment islamophobe, affirmant que sa page a été piratée. Sous la pression, il finit par en rajouter une couche en affirmant avoir publié la photo « il y a longtemps », expliquant avoir agi de la sorte en signe de soutien au mouvement féministe… Le candidat péquiste d’origine rwandaise aurait également ouvertement exprimé son soutien au parti français d’extrême droite, le Front national. « Vive Marine Le Pen », aurait-il écrit le 4 janvier 2014 dans un commentaire accompagné de la photo de la leader politique française (le texte et l’image ont été supprimés depuis).

Vendredi, Jean Carrière cède à la pression et annonce le retrait de sa candidature. Sur sa page Facebook, il profite de cette annonce pour s’emporter contre les médias : « Je vous annonce que je ne suis plus le candidat du Parti québécois (…). Je remercie également l’excellent travail des médias qui s’attaquent aux jeunes qui désirent servir sa nation. Quelle est la pertinence de tout ceci ? Se dire qu’on a réussi une bonne journée de travail, se dire que la vérité est sortie ? écrit-il. On m’a traité de xénophobe, de nègre de service, de raciste. Et pourtant je ne suis rien de tel, on a beau dire toute sorte de chose à mon sujet, mais moi je sais qui je suis », poursuit-il, expliquant avoir publié la photo controversée « par dégoût de certaines pratiques religieuses qui oppriment les femmes et les hommes ».

« Désolant », « inacceptable », « écœurant »… les réactions dénonçant les commentaires « racistes » de Jean Carrière se sont multipliées sur les réseaux sociaux. Sa page Facebook a été inondée de messages critiques de la part de Canadiens de toutes les origines. « Faut-il rappeler que même l’Église est contre les droits de la femme ? Le PQ est hypocrite, il est contre la religion des autres », affirme Jason Tremblay, accompagnant son message d’une photo coiffée de la mention « F**k Catholics ». « Avez-vous été éduqué ? Le respect et la tolérance ne vous ont pas été apprises ? Accepteriez-vous que je dise f**k les Noirs ? Au Québec, nous n’acceptons ni le racisme ni la discrimination envers les religions monsieur. Le peuple québécois exige des excuses sincères ! », lance pour sa part Mohammad Atmane. « C’est quoi ton problème « photo de féministe », je suis féministe et suis insultée par ton excuse. C’est une photo raciste! Assume-toi donc comme tu es ! » s’insurge enfin Mélanie RG.

Changer de sexe en 47 secondes

8 mar
Annelie Nordström, avant et après sa transformation.

Annelie Nordström, avant et après sa transformation.

Mesdames, plus besoin d’attendre des dizaines d’années pour obtenir des droits garantis depuis bien longtemps à vos alter ego masculins. Si vous souhaitez l’égalité, il est désormais possible de l’obtenir… en moins de 47 secondes !

À l’occasion de la Journée internationale de la femme, Kommunal, le plus grand syndicat de Suède, a lancé une campagne pour sensibiliser l’opinion publique sur la question des inégalités salariales entre hommes et femmes. Originale, la campagne met en vedette une vidéo montrant la présidente du syndicat, Annelie Nordström, qui, en l’espace de 47 secondes, se métamorphose entièrement en un homme : « Au cours de sa carrière professionnelle, une Suédoise gagne 380 000 dollars de moins qu’un homme, lance en anglais une voix sur la vidéo. Tous les jours, les Suédoises travaillent gratuitement après 16 heures, contrairement aux hommes qui sont payés jusqu’à 17 heures. » « Que devrait faire une femme pour obtenir une augmentation? » demande ensuite la vidéo. « Être un homme », répond la syndicaliste complètement métamorphosée.

Kommunal invite par ailleurs toutes les femmes victimes de discrimination à « changer » de sexe grâce à une application Facebook spécialement conçue pour l’occasion. Les femmes sont invitées à télécharger leur photo sur la page Facebook du syndicat via cette application pour générer une version masculine d’elles-mêmes. Une fois le portrait réalisé, la photo apparaîtra sur le site officiel de la campagne baptisée « Be a Man » (« Soyez un homme », en français).

« Certains diront que la discrimination n’existe pas sur le marché du travail, peut-on lire sur le site. Mais la vérité selon les statistiques est que les femmes toucheront un salaire plus bas que les hommes, même si elles exercent une profession dominée par les femmes ». « À ce rythme, il nous faudra encore plus de 100 ans pour obtenir l’égalité… », conclut le message.

Pourquoi attendre un jour de plus ?

Trois selfies plus épiques que celui d’Ellen DeGeneres

5 mar

Le selfie d’Ellen DeGeneres est peut-être entré dans l’Histoire pour le nombre record de partages qu’il a obtenu sur Twitter, dépassant même la célèbre photo de Barack Obama enlaçant sa femme qui était le tweet le plus populaire de tous les temps. Mais loin du tapis rouge et du glamour hollywoodien, voici trois autres « autoportraits » qui méritent d’être classés parmi les selfies les plus mémorables de tous les temps :

 

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Tout est dans le timing ! Le pilote d’un avion de chasse danois a pris cette photo de lui-même au moment où un missile était lâché, lors d’une manœuvre militaire. Le « selfie » a été diffusé par l’armée de l’air royale danoise, mais l’identité du pilote reste inconnue. Selon le blogue spécialisé « The Aviationist« , les selfies sont très populaires parmi les pilotes de chasse, mais il est très rare que les aviateurs se prennent en photo au moment du lancement d’un missile parce que ce genre d’entrainement n’est pas très courant.

 

L’astronaute canadien Chris Hadfield est une star du Web. Depuis la Station spatiale internationale (ISS), où il était en mission de décembre 2012 à mai 2013, le commandant canadien raconte les détails passionnants de sa vie d’astronaute sur ses comptes Twitter, Facebook et YouTube. En septembre, il diffuse un selfie historique de l’espace : « Certains selfies sont plus stimulants que d’autres, écrit-il dans un tweet. L’image qui apparaît dans la réflexion est hallucinante. »

 

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Cette image est décrite comme étant le premier autoportrait de tous les temps. Elle a été prise en 1839 par le chimiste et pionnier de la photographie américain Robert Cornelius alors qu’il expérimentait avec une caméra dans l’arrière de la boutique familiale en Philadelphie. Comme Twitter n’existait pas en son temps, il utilise la bonne vieille méthode de commenter la photo en écrivant trois petits mots sur son dos : « Premier autoportrait – 1839″.

« Neknomination » : le jeu de l’alcool devenu acte de bonté

21 fév

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Apparu à la mi-janvier, le « neknomination » a fait bien des ravages sur les réseaux sociaux. Ce « jeu », créé en Australie, consiste à se filmer en train d’ingurgiter une grande quantité d’alcool à sec (d’où le mot « nek », en dialecte australien) et à désigner ensuite un ami sur Facebook ou sur Twitter pour relever le même défi (« nomination »). Très dangereux, le jeu est rapidement devenu « viral », attirant des participants du monde entier. Il serait à l’origine de la mort de quatre jeunes, en Angleterre et en Irlande. En France, le ministère de l’Intérieur s’est même alarmé de cette tendance.

Sur Facebook ou YouTube, certaines vidéos ont été visionnées plus de 400 000 fois. Sur l’une d’elles, un homme tenu par les pieds par deux de ses amis boit de la bière vidée dans la cuvette d’une toilette. Sur un autre clip, un Américain ingurgite une bouteille d’un litre de vodka d’un seul trait.

Lassés par le caractère dégradant des « jeux » à la mode sur les réseaux sociaux – avant le « neknomination », il y avait eu le « planking », qui consiste à faire la planche sur le ventre sur un endroit insolite et souvent dangereux –, certains internautes ont décidé de détourner le défi de manière plus « intelligente ». Le #Neknomination devient ainsi #Smartnomination ou même #RAKnomination, RAK étant l’acronyme de Random Act of Kindness (acte de gentillesse spontané, en français). Le but du nouveau jeu est de se filmer en train d’aider les sans-abri à travers le monde, en leur offrant de quoi manger, puis inviter trois de ses amis à faire de même en moins de 24 heures. Anglais, Australiens, Américains, Sud-Africains… les internautes étaient nombreux à se réjouir de cette nouvelle initiative et à relever le défi.

 

« Après avoir vu la vidéo d’un Sud-Africain qui a utilisé sa « neknomination » pour faire un geste plein de générosité envers autrui, je me suis demandé pourquoi on n’utilisait pas plus souvent le pouvoir des réseaux sociaux pour faire une bonne action à travers le monde », raconte Jamie Hartley, un internaute anglais, dans une vidéo qu’il diffuse sur Facebook. Sur le clip, on voit le jeune homme acheter un sandwich et une boisson et les offrir à un mendiant dans la rue : « J’ai fait cette vidéo pour montrer aux gens combien il est facile de faire un acte de bonté. (…) Si tous ces jeunes mettaient leurs boissons alcoolisées et leurs vidéos de côté pour faire une bonne action à la place, le monde serait meilleur. »

L’un des premiers initiateurs de ce nouveau « jeu » en Europe est Julien Voinson, 23 ans, jeune photographe de Bordeaux. « J’ai été nominé pour ce jeu de m… et j’ai décidé de relever le défi », dit-il sur un clip posté sur Facebook où il apparaît en train d’offrir dix hamburgers à des sans-abri : « Autant faire des vidéos intelligentes », conclut-il, invitant trois de ses amis à faire de même. « Vous avez 24 heures les gars ! »

 

Le clip a été visionné plus de 700 000 fois en moins de six jours sur YouTube : « Recevoir des message d’Angleterre, de Belgique, d’Espagne, de la Martinique et des quatre coins de la France, avoir sa boîte mail inondée de messages plus positifs les uns que les autres, c’est vraiment un truc de dingue », écrit Julien sur sa page Facebook.

Pour les intéressés, la distribution de repas n’est pas le seul moyen de faire partie de ce mouvement. Certains internautes ont choisi de se filmer en train d’offrir des vêtements, de faire un don de sang, voire d’offrir une simple rose rouge à des inconnus dans la rue…

Dans la vie d’une féministe musulmane

16 jan

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L’islam et le féminisme sont-ils compatibles ? Peut-on concilier hijab et liberté d’expression ? Le féminisme est-il une importation occidentale contraire aux « valeurs » orientales? C’est sous le mot-dièse #LifeOfAMuslimFeminist (La vie d’une féministe musulmane, en français), que des centaines d’internautes musulmanes des quatre coins du monde se sont unies pour exprimer leurs idées et idéologies. Lancé vendredi dernier par une jeune étudiante en économie à l’Université de Manchester, #LifeOfAMuslimFeminist est passé d’un simple tweet à un vrai défouloir en ligne, en l’espace de quelques minutes.

Dans son tweet, Nour al-Aïn Chahed (@YxxngHippie) déplore la situation des musulmanes qui, selon elle, sont prises entre le marteau des féministes occidentales et l’enclume des islamistes : « Les féministes blanches veulent vous arracher le voile et vous « libérer » et les islamistes vous disent que vous n’avez pas besoin du féminisme », écrit la jeune Britannique. « On nous dit que le féminisme est propre aux « femmes occidentales » rebelles qui veulent remplacer mari et enfants par une carrière professionnelle », poursuit-elle dans un autre tweet. « L’islam respecte les droits des femmes, mais je ne peux pas ignorer le niveau de sexisme présent dans ma culture qui préfère l’homme à la femme », ajoute-t-elle enfin.

Retwittés plusieurs dizaines de fois, ses messages provoquent un flux de commentaires de la part d’internautes se présentant comme musulmanes et féministes à la fois. Un véritable plongon dans la vie (et la tête) de ces féministes d’un nouveau genre :

 

« Nous sommes traitées comme des citoyennes de seconde zone par les hommes musulmans, alors que l’islam élève le statut des femmes. »

« La vie d’une féministe musulmane c’est passer son temps à expliquer qu’être musulmane et féministe à la fois n’est pas un oxymoron. »

« Accepter l’idée, qu’une fois voilée, tous les péchés que tu commettras seront AMPLIFIÉS. »

« Ils me disent toujours que je ne me marierai jamais si je reste aussi franche, comme si le mariage était ma seule ambition. »

« Les féministes occidentales pensent que je ne suis pas une vraie musulmane parce que je ne porte pas le voile. Ils sont pratiquement en train d’effacer mon identité. »

Cette campagne coïncide avec la publication d’une étude menée dans sept pays arabes ou musulmans (Tunisie, Égypte, Irak, Liban, Arabie saoudite, Turquie et Pakistan) démontrant qu’une majorité de l’opinion publique considère le port du voile comme la tenue la plus appropriée pour les femmes. Seul le Liban fait exception avec près de la moitié des sondés qui affirment qu’il est approprié pour une femme de sortir en public la tête entièrement nue. En Arabie saoudite, 74 % des personnes interrogées se sont prononcées en faveur d’une tenue couvrant la femme de la tête aux pieds.
Dans la même étude, réalisée par l’Institut pour les recherches sociales de l’Université du Michigan, il apparaît que 50 % des Libanais, Turcs et Tunisiens pensent que les femmes sont libres de choisir leur tenue, alors qu’ils ne sont que 14 % à penser la même chose en Égypte.
Enfin, 69 % des personnes interrogées se sont prononcées contre la polygamie, mais 80 % se disent pour l’obéissance totale de la femme à son mari.

Le chemin, semble-t-il, est encore long pour les femmes de la région…

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